Cameroun – Traite négrière : Plus de 8000 américains s’identifient à Bimbia

Des américains au port négrier de Bimbia | © LNE/Amélie Dita
Des américains au port négrier de Bimbia | © LNE/Amélie Dita

Leurs ancêtres auraient été déportés aux Amériques à partir du port négrier de Bimbia. C’est du moins l’information retenue par les jeunes venus découvrir le port d’esclave ce samedi  26 mars 2016 dans la localité de Limbé 3 sous la houlette de la fondation Yes Africa

Ils étaient une centaine de jeunes Venus des différentes villes du Cameroun, découvrir le site d’esclavage oublié « Je n’avais jamais su que les esclaves étaient transportés ici à Bimbia », cette exclamation est d’un jeune touriste.  Bimbia, qui est considérée toujours plus comme la Gorée du Cameroun, se trouve au bord de l’atlantique et appartient à la commune de Limbé, dans la région sud-ouest du pays. En effet, pour certains jeunes l’accent du commerce d’esclaves n’a jamais été mis au Cameroun, considéré comme l’un des grands sites d’esclavages. « C’est un patrimoine vraiment négligé, or il est important d’en parler aux citoyens », affirme un autre jeune.

Au cours de la visite du site, le docteur Lisa Aubrey Fulbrigt, scholor and researcher à usa university of Yaoundé 1 a fait savoir aux jeunes que plus de 8000 seraient les Afro-Américains qui ont identifié leur origine camerounaise et dont les ancêtres esclaves sont vraisemblablement partis du port de Bimbia. Parmi eux, il ya le fameux producteur de musique Quincy Jones et l’ancienne secrétaire d’Etat Condoleezza Rice. « Jamais je ne pouvais imaginer que certains afro américains soient d’origine camerounaise », déplore Salomon Makita.

 D’après les informations recueillies, la tradition orale révèle que douze ou treize navires avec les esclaves, quittèrent le port de Bimbia. Le premier a levé l’ancre en 1776 en direction de l’ile Saint-Vincent aux caraïbes. Le dernier navire est parti en 1838 à Cuba. Toutefois, on retrouverait ainsi les traces de quelques milliers d’esclaves qu’ils transportèrent en caroline du Nord, Brésil, en Guyane et à la Jamaïque.   Bien plus, des notables de Douala, la capitale économique du Cameroun, détiendraient encore des documents datant de cette époque. D’après les informations recueillies, le port de Bimbia a représenté plus de 10 pour cent de la traite négrière sur des centaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants victimes de la traite transatlantique « Sincèrement je n’avais jamais su qu’un tel site pouvait exister au Cameroun, vu que mes parents ne m’en ont jamais parlé », s’étonne un autre jeune.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Amélie Dita, Stg de retour de Bimbia