Cameroun – Touboro : quand l’insécurité rythme la vie

Une vue de la ville de Touboro, près du Tchad | Illustration/DR
Une vue de la ville de Touboro, près du Tchad | Illustration/DR

Ce qui se passe en ce moment dans l’arrondissement de Touboro inquiète à plus d’un titre. L’unité administrative est située dans le département de Mayo Rey, région du Nord. Depuis près de quatre ans, des bandes armées y sèment la terreur. La zone est propice. Elle est d’abord vaste et peu habitée.  C’est aussi une zone par excellence pour l’élevage des bovins.  Plusieurs éleveurs y ont installé leur cheptel et sont prospères. Seulement voilà ; depuis 2013, des coupeurs de routes et autres bandits de grands chemins ont rendu la zone infréquentable.

Ils ont d’abord commencé par le vol de bétail. Ils viennent en groupe et chassent des dizaines des bœufs à destination de la Rca ; parce que le département est frontalier avec ce pays en déliquescence.  Les réactions des autorités, notamment militaires sont moles. Les bandits passent alors à la vitesse supérieure. Ils enlèvent des personnes, y compris en pleine ville de Touboro sans se faire inquiéter. Alhadji Djabari que l’on présente comme l’un des plus riches, avec un patrimoine qui tutoie plus de 10 000 têtes de bœufs avait été enlevé en mai 2015 dans la ville.

Ils sont fortement armés

Il avait été libéré dans des conditions encore floues ? Pour certaines sources, il serait échappé en disparaissant à l’aide des gris-gris. Une assertion difficile de comprendre sur le plan rationnel. Toujours est-il que des éleveurs ne se rendent plus dans les bergeries.

Mais le phénomène a pris aussi fort inquiétante. Selon diverses sources ces bandits et leurs relais locaux sont connus. Ils sont fortement armés. Ils sont en nombre important ; l’on parle de près de 400 personnes qui auraient leurs bases sur les montagnes alentour.  Ils viendraient de la République centrafricaine jure des sources.

Sur les réseaux sociaux aussi l’inquiétude enfle.  Alim Koumai donne souvent l’actualité de cette unité administrative sur sa page Facebook. Le 27 janvier, il postait : « L’insécurité persiste et signe dans mon cher village Touboro, cette nuit aux environs de 01h du matin, deux individus armes non identifies ont rendu visite au grand frère de Célestin Yandal qui habite à une minute du domicile de ce dernier. En effet, Anatole puisqu’il s’agit de lui a accompagné son petit Yandal a Ngaoundéré et a laissé son épouse a la maison. A l’arrivée des malfrats, ils ont congés la porte et la dame qui croyait au retour de son époux est allée ouvrir, brusquement elle est prise par le cou et couteau à la gorge ils demandent à la dame ou est ton mari ? elle répond que son mari est sorti depuis 20h, curieusement les visiteurs ont grondé la femme en banlui disant ceci : ” menteuse, ton mari a accompagné son petit frère Yandal a Ngaoundéré, tu crois que nous ne sommes pas au courant ? Donne-nous de l’argent si non on te tue ”. La pauvre prise de peur leur a donné une somme de 250.000 FCFA puis ils sont repartis. La femme poussa un cri pour alerter les vigilants qui sont venu aussitôt que possible mais les malfrats ont pris la fuite ». Un autre foyer d’insécurité.

© CAMERPOST par Ousmane Biri