Cameroun – Théodore Nsangou : « Grâce à Lom Pangar, le déficit énergétique (…) sera ramené à 30 mégawatts »

Visite du chantier de Lom Pangar par le Dr Théodore Nsangou, le directeur général de EDC, en mai 2014 | Archives / © EDC
Visite du chantier de Lom Pangar par le Dr Théodore Nsangou, le directeur général de EDC, en mai 2014 | Archives / © EDC

Le directeur général d’Electricity Development Corporation (EDC), l’entreprise publique de gestion du patrimoine du secteur énergétique, justifie la mise en eau partielle du barrage de retenue de Lom Pangar, le 24 septembre, et son impact sur la crise énergétique au Cameroun.

Pourquoi une mise en eau partielle et non définitive ?

Nous aurions pu attendre juillet 2016 pour la mise en eau définitive. Le barrage est achevé à 90 %, au moment où s’effectue la mise en eau partielle. À cause de la crise énergétique, le gouvernement nous a demandé de faire quelque chose pour atténuer le déficit de 2016 évalué à 100 mégawatts (MW) par Eneo. Cette mise en eau partielle permettra donc de garantir une puissance de 70 MW. Grâce à Lom Pangar, la profondeur du déficit sera ramenée à 30 MW.

Cette mise en eau partielle s’est effectuée dans un contexte de grève des ouvriers. Pourquoi ces débrayages à répétition ?

Les revendications des ouvriers étaient légitimes il y a deux ans. Le côté social n’est pas le point fort des entreprises chinoises. Les mêmes valeurs ne sont pas partagées. Les questions de rémunération, de classification, de sécurité sociale étaient importantes en 2012 et on a réglé cela.

On a été amené à licencier deux ou trois restaurateurs qui n’effectuaient pas le travail convenablement. On a donné des ordres pour régler les questions de santé. Nous avons instauré le dialogue à travers une plateforme où nous discutons avec les ouvriers, pour résoudre les problèmes au fur et à mesure.

Depuis quelques mois, des gens se sont mis à manipuler des ouvriers afin qu’ils nous dérangent au maximum pendant la mise en eau partielle. Cette grève s’est enclenchée le 13 septembre, soit deux jours avant la date théorique de la mise en eau potentielle.

Qui sont-ils ?

Nos investigations nous ont permis de les identifier et tout est rentré dans l’ordre.

Où en est le processus de transfert des barrages de retenue de Bamendjin, de la Mapé et de Mbakaou, gérés par Eneo et qui doivent vous revenir ?

Cette rétrocession aurait dû intervenir en juillet, dans la foulée de la signature de l’avenant N°2 au contrat de concession entre l’Etat et Eneo. Mais, cette dernière a trainé les pieds pour diverses raisons. Le gouvernement l’a sommée de respecter ses engagements. Tout est prêt et la signature interviendra dans les semaines à venir. Ce transfert doit à tout le moins être effectif le 15 décembre au plus tard, car nous avons l’étiage de 2016 à gérer.

Mais Eneo exige un dédommagement pour des investissements consentis sur ces ouvrages…

Le gouvernement a tranché : il n’y a pas de dédommagement, car il n’y a pas eu d’investissement en tant que tel. Ce qu’Eneo a déboursé est inférieur à un milliard de F CFA (1,52 millions d’euros). Nous pourrions déduire cela de ce que nous paiera Eneo au titre des droits d’eau.

Dans quelle mesure ces droits d’eau et la gestion des barrages réservoirs vont-ils impacter votre activité ?

Nous ne percevrons pas de droits d’eau significatifs pour la gestion des trois ouvrages de retenue rétrocédés. Ils seront par contre substantiels sur Lom Pangar, car EDC doit, grâce à ces droits d’eau, rembourser le prêt consenti par les bailleurs de fonds pour la construction du barrage.

Par un calcul précis, nous avons déterminé la part qu’ENEO paiera pour les barrages de production de Song Loulou et d’Edea et la part que déboursera le gestionnaire du futur barrage de Nachtigal encore à l’état de projet. Ce qui aura un impact positif sur notre compte d’exploitation.

En 2016 par exemple, nous escomptons un revenu compris entre 6 et 8 milliards de F CFA de la part d’ENEO. Notre budget de fonctionnement tournant autour de 5 à 6 milliards de F CFA, nous pourrions dès lors nous passer de la subvention étatique et envisager quelques investissements.

Source : © Jeune Afrique

Par Omer MBADI

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