Cameroun – Théâtre musical : L’Afrique du sud dans toute sa diversité scénique- 28/10/2014

Une scène de Ster City.
Une scène de Ster City.

Ça se passe sur le plancher de l’IFC de Douala. Entre musique et art visuel, l’histoire de ce pays est passée en revue dans un mélange de langues : Français, Anglais, Zulu et douala.

Ils sont quatre sur la scène à cet instant. Dominique Lentin le batteur, Lindiwe Matshikiza et Nicholas Welch les deux comédiens. Ils se tiennent par la main. Salut l’assistance. Un geste commun à toute représentation scénique. Mais ce soir, il vaut son pesant. D’abord par son métissage. Question de justifier effectivement la fin de l’inexistence de l’apartheid dont-ils font allusion dans leur texte. Ensuite, l’unicité d’un peuple démocratique depuis vingt ans. Ça se fête ! Ça se partage sur la scène avec la troupe LZD Lézard Dramatique venue d’Afrique du sud ce 25 octobre 2014 pour présenter : « Ster City » dans une salle à moitié vide de l’Institut Français – antenne de Douala. Rien d’étonnant. Le théâtre est toujours l’orphelin de la bande des arts. Sans polémique.

Fin de la représentation à l'IFC de Douala.
Fin de la représentation à l’IFC de Douala.

« L’histoire de l’Afrique du sud ne peut se résumer uniquement à l’apartheid. Car les 50 millions d’habitants d’Afrique du sud sont des héritiers d’une histoire qui date de plus de 3 millions d’années », rappelle Lindiwe pendant une de ses performances scénique. Le voyage sera donc long, mais pas ennuyeux. Top départ : 1652. C’est le début de la colonisation européenne en Afrique du sud avec les anglais. Une projection 3D plonge au cœur de la « nation arc-en-ciel », traverse les époques en présentant sa diversité humaine, faunique et sa géographie. Tenez par exemple : A Johannesburg, dans la nuit, « pour éviter d’être agressée, on joue à la folle. Et pour savoir si l’homme qui vous aborde est bon ou mauvais, tu aboies comme un chien. Ça marche et j’aime ça », lance Lindiwine. C’est le fou rire dans la salle. Si la période de la découverte du premier homo sapiens et l’après Mandela sont évoquées, ce n’est pas cette de la souffrance (guerre et apartheid) qui devait être omise : de l’après guerre de 1902 à l’introduction du régime de l’apartheid en 1947. C’est pourquoi, il faut toujours se rappeler qu’« un endroit où l’on sépare noir et blanc n’est pas un pays ».

Sans aucun arrêt des performeurs. Car l’explication se fait sous le jeu musical de Dominique Lentin. Pendant ce temps, le voyage est reproduit en danse (zoulou et autres) par Nicholas Welch et Lindiwe Matshikiza. Le corps agile, l’expression du visage pour exprimer la joie et la tristesse, les déplacements sur scène pour chaque fait, chaque lumière (gérée par Patrick Puéchavy) pour exprimer une action… sont réglés au micron près. La particularité de « Ster city », c’est la valorisation des langues : Français (anglicisé beau à écouter), l’Anglais, le Zulu, le Pidgin (un argot camerounais) et le Douala, une langue locale camerounaise. « Effectivement, ce spectacle intègre dans sa fabrication quelques bribes des langues prises dans les endroits où nous nous trouvons. C’est le résultat d’un travail collectif où on mets en commun nos désirs, clichés et réflexions sur l’Afrique du sud », explique Jean Paul Delore, le metteur en scène.

Lindiwe Matshikiza et Nicholas Welch pendant l'échange avec le public.
Lindiwe Matshikiza et Nicholas Welch pendant l’échange avec le public.

Durant certaines prestations musicales, les paroles étaient inaudibles. Le volume de la musique joué en live étant très élevé. Même si le technicien du son ne s’en n’est pas rendu compte, cela n’opte en rien la qualité de la représentation qui a pris un mois entier pour être conçue. Après Douala, la troupe est attendue dans les autres instituts français d’Afrique dans le cadre de leur tournée.

© CamerPost – Frank William BATCHOU

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