Cameroun – Théâtre : Blake Ondoua et Ousmanou Sali interprètent dans « Juste savoir » leur propre rôle – 04/02/2015

Blake Ondoua et Ousmanou Sali interprétant leur rôle respectif sur scène.
Blake Ondoua et Ousmanou Sali interprétant leur rôle respectif sur scène.

Mise en scène par Hermine Yollo, la pièce « Juste savoir » se penche sur la relation conflictuelle entre un père et son fils déchirés par le temps, la rancœur et le regret.

On ne l’avait pas revu sur scène depuis bien longtemps. Et pourtant, la même hargne dans la réplique qu’on lui connait au théâtre n’a pas bougé d’un iota. Fidèle à son style, Philémon Blake Ondoua, dans le rôle du père sévère dans la pièce « Juste savoir… » d’Hermine Yollo est une interprétation parfaite. A ses côtés, celui que l’on ne présente plus sur les planches du théâtre contemporain camerounais, Ousmanou Sali dans le rôle du fils et Tatiana Matip, la fiancée du fils, qui pour une première scène, va plaire.

C’est dans un salon à peine éclairé que le premier acte s’ouvre ce soir là. Sur scène, du mobilier de salon dispersé ça et là, alors que dans un coin de la pièce, un autel a été dressé pour abriter les prières devenues fréquentes du maître de maison. Les pieds nus et vêtu d’un pagne bleu, d’une chemise blanche plus grande que sa taille et d’un béret, il s’adonne à son nouveau passe-temps. A grands coups, le fils aujourd’hui âgé d’une trentaine d’années frappe à la porte avec pour espoir obtenir des réponses aux questions qu’il se pose depuis son départ de la maison. Pourquoi ce long silence? Quels sentiments existent? Quel héritage a-t-il reçu de son père ? Etc. Autant de questions restées sans réponses, qu’il ne trouve plus le sommeil. L’échange est dur et reste malgré tout courtois. Des cris, grande colère, font l’essentiel de celui-ci. La naissance d’un petit-fils vers la fin de la représentation viendra réconcilier cette famille depuis trop longtemps divisée. En effet, à cause de la brutalité de son mari, la mère de Léon, le fils, avait choisi de partir au loin, amenant avec elle son fils d’une dizaine d’années. Vingt ans après, le temps a laissé place à la rancœur, la froideur et l’aigreur. Les relations inexistantes ont alors creusé un vide entre le père et le fils.

En s’intéressant à cette pièce,  Hermine Yollo, la finaliste du concours d’orthographe 2014 de l’Ifc, a montré son intérêt pour les textes qui donne une place importante aux relations humaines sans façons. Amoureuse de l’écriture et surtout adepte d’un langage soutenu, ce sont des expressions plutôt crues et bien agencées qu’elle a utilisé pour meubler l’essentiel de sa mise en scène. A la régie lumière, comme à la régie son, tout est correct. Assez correct en tout cas pour le public venu plutôt nombreux lui accorde une salve d’applaudissements pour saluer le travail abattu par Hermine Yollo et son équipe pendant plus de deux mois pour transformer le texte  « Juste savoir… » du dramaturge togolais Joël Amah Ajavon, en une très belle pièce de théâtre.

© CamerPost – Jeanne Ngo Nlend

 

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