Cameroun – Taxe foncière : Les agents des impôts font de la surenchère

La taxe foncière fait déjà jaser | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo
La taxe foncière fait déjà jaser | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo

Les services des impôts se rendent coupables d’erreurs et d’exagérations sur le terrain. Les fiches de déclaration remises aux populations fâchent véritablement.

Lambert Z est un habitant du quartier Odza à Yaoundé. Le jeune homme âgé de trente quatre a vécu une expérience désagréable le 14 septembre. Il a reçu d’un agent des Impôts, un document lui rappelant ses obligations fiscales en matière de propriété foncière. Il juge la créance démesurée.

Ledit document aurait été délivré par le Centre des Impôts 13 (Cdi) du quartier mvog mbi. Il y est fait mention d’une créance de 120 000 Cfa. Il représente un montant à verser chaque année par Lambert au Trésor public. Devant l’étonnement du jeune homme, l’agent des Impôts s’empresse de préciser que tout occupant d’un site est redevable à l’Etat. Cette taxe nouvelle représente 0,1% de la valeur réelle de la parcelle de terrain mise en valeur. Cette déclaration pré remplie est délivrée avec le concours du Cadastre. L’estimation de la créance prend en compte la valeur totale du terrain au terme des travaux d’aménagement. Elle inclut le point de localisation du site, la superficie de l’immeuble, la superficie de construction et la valeur du terrain au moment de l’achat.

Les explications de l’agent des Impôts en rajoutent à la colère du jeune héritier. Ses frères et lui sont devenus copropriétaires du site depuis le décès des parents. Il apprend que la valeur totale du site est de 120 millions de Cfa. Lambert est vraiment perplexe. Il pense que l’on a surestimé la valeur du site. Un rapide coup d’œil révèle en effet une habitation construite sans prétention, et entourée d’arbres fruitiers. Les murs sont faits de briques de terre non cuites. A côté l’on peut apercevoir deux petits hangars vieillots, faits de planches récupérées d’un ouvrage plus ancien.

La perplexité du jeune homme se transforme en colère lorsqu’il constate des erreurs matérielles. En effet  aucun rappel n’est fait de la valeur du terrain au moment de l’achat. Les services des Impôts semblent ignorer le prix de vente du terrain. D’autre part la superficie totale du site est également surévaluée. Au lieu de 2 000 mètres l’on parle plutôt de 3000 mètres. Enfin le numéro du titre foncier n’est pas précisé. Le jeune homme peut conclure que les travaux d’évaluation sont faits avec beaucoup de légèreté. Cerise sur le gâteau, l’agent des Impôts lui offre de ramener à la baisse le montant de la taxe foncière. Ceci contre… de l’argent. Il se montre exigent et ordonne que l’on lui mouille la barbe, selon l’expression consacrée, dans les plus brefs délais. En guise d’encouragement l’agent des Impôts ajoute que ses collègues et elle-même sont responsables du calcul de la taxe foncière. Ils peuvent à ce titre la modifier. Un comble pour le jeune Lambert.

L’opération des agents des Impôts sur le terrain semble assimilable à une situation de deux poids deux mesures. Dans la pratique toutes les propriétés ne sont pas recensées par les services des Impôts. Qui plus est, des sites mieux construits ne font pas l’objet d’impositions aussi sévères. La taxe foncière qui est censée améliorer le niveau de vie des populations, devient une nouvelle ligne de front ouverte par des agents des Impôts véreux. Ces derniers en font une occasion sophistiquée d’arnaquer les populations.

© CAMERPOST par Olivier Ndema Epo