Cameroun – Supermarchés : Ruée sur le business du sac dégradable

Rayon d'un supermarché de Yaoundé | © CAMERPOST /GL
Rayon d’un supermarché de Yaoundé | © CAMERPOST /GL

Depuis l’application de la mesure d’interdiction d’utilisation des emballages non biodégradables, les supermarchés ont instauré la vente des plastiques d’emballages à leurs clientèles dans la ville de Yaoundé.

C’est sur des sommes allant de 100 Fcfa à 150 Fcfa selon la grosseur de plastique, que les clients des supermarchés peuvent voir emballer leurs produits. Une pratique instaurée qui ne manque pas de surprendre les clients. « C’est quand même étonnant d’acheter des produits de plus de 20 milles et qu’à la caisse quand tu demandes l’emballage on te répond de payer 150 Fcfa pour en avoir. C’est incompréhensible et bizarre de voir un client payer pour voir sa marchandise emballée » confit Julie, une cliente au sortie de la Boulangerie française sis au quartier Obili à Camerpost. Selon une ménagère, la méthode est étonnante, si l’on compare cette pratique avec ceux des petits commerçants. « Quand je vais faire de grand achat dans un supermarché, je sais d’avance que je dois payer pour l’emballage plastique. Ce qui est étonnant, c’est que par rapport à ces supermarchés, il y a certains petits commerçants de tomates, de gombo, oignons et autres, qui vous emballent vos marchandises sans que vous n’ayez à payer l’emballage plastique » souligne-t-elle.

Si le procédé est incompréhensible pour certains, d’autres par contre essayent de le comprendre. « Il faut savoir aussi que les plastiques recyclables sont chères et que les commerçants ne peuvent pas acheter quelques choses à la perte. Les vendeuses ne nous obligent pas à payer les plastiques. Il faut juste savoir que si tu ne veux pas emballer ta marchandise dans du papier, il faut venir avec un sac ou en payer sur place. Cela aurait été bien d’emballer simplement sans payer mais dans le cas du vendeur comme du client, ce n’est pas donné » affirme Hervé, un client. Une idée que partage Robert Tini Pieba, vendeur dans un supermarché du quartier Acacia. D’après ce dernier, les clients n’arrivent pas toujours à concevoir le fait que pour un produit vendu, il faut également acheter l’emballage, bien que ce ne soit pas obligatoire. « Vu le coût du plastique recyclable, cela ne nous permet pas d’emballer gratuitement. Parfois nous avons des clients qui abandonnent leurs marchandises sans payer parce qu’on n’emballe pas gratuitement » poursuit-il. 

Pour un responsable du supermarché Score, les prix de l’emballage plastique sont établis en fonction de l’achat. Selon lui, puisque l’on a interdit les plastics non biodégradables, il faut faire avec du recyclable ou les papiers Krafts qui ne sont pas donnés. « Les Clients n’ont pas le choix, nous aussi. L’arrêté du ministère de l’environnement est tombé, nous nous sommes alignés et maintenant la clientèle doit suivre ». Un avis partagé par une grande majorité de responsables de supermarchés de Yaoundé.

Invité au 7H au poste nationale de la CRTV ce jour, le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded), Hele Pierre s’est exprimé sur la récente saisie des plus de 10 tonnes de plastiques non conformes à la réglementation et interdits d’utilisation à Douala lors de la période des fêtes de fin d’année suite à la conjugaison des efforts entre les forces de sécurité et la douane. Il a également insisté sur le fait que le problème des emballages non biodégradables est toujours présent au Cameroun. Ce malgré les mesures qui ont été mises sur pied par le Gouvernement pour lutter contre ce fléau qui nuit gravement à l’environnement.

Il faut souligner que c’est depuis le 24 avril 2014 qu’est entrée en vigueur au Cameroun, l’arrêté du 24 octobre 2014 du ministère de l’Environnement, interdisant l’utilisation des emballages plastiques non-biodégradables de mois de 60 microns.

© CAMERPOST par Germaine Lambo

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