Cameroun – Super Makia : « Mon salaire était de 600 000 Cfa. Aujourd’hui les enfants reçoivent 10 000              Cfa »

Super Makia, vice-président de la Fédération camerounaise de Catch | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo
Super Makia, vice-président de la Fédération camerounaise de Catch | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo

Le vice-président de la Fédération camerounaise de Catch parle de la pratique de ce sport au Cameroun.

Le Cameroun a détenu la ceinture africaine des poids lourds pendant 28 ans. Pourtant le pays compte très peu de catcheurs de haut niveau. Comment est-ce possible ?

Les catcheurs ne se sentent pas du tout encouragés, ni accompagnés. Souvenez-vous de la cérémonie de lancement de la saison 2016, au Camp de l’Unité. Ils ont reçu chacun 15 000 Cfa par combat remporté. Les perdants avaient droit à 10 000 Cfa. Les enfants ont dénoncé ce mauvais traitement et revendiqué une revue à la hausse de leurs primes. La réaction des responsables fédéraux ne leur a pas plu. Il a été rappelé aux catcheurs qu’ils représentent la Nation, et que pour cela ils doivent le faire gratuitement. C’est une honte ! ce ne sont pas des choses à dire à ces jeunes, quand l’on sait quels sacrifices ils consentent. Ils mettent en péril leur santé et risquent même leurs vies sur le ring, pour 10 000 ou 15 000 Cfa ! Plutôt que de subir des fractures et d’autres blessures qui ne seront pas prises en charge, les catcheurs préfèrent rester chez eux. C’est très difficile pour ces enfants. Ils sont pourtant nombreux qui aiment le catch.

Était-ce la même réalité du temps de Super Makia ?

J’ai fait une bonne carrière parce que j’évoluais hors du pays. La société Guinness m’avait recruté, associant mon image à ses produits. Ce fut aussi le cas avec Michael Power. J’ai presque fait le tour du monde. J’ai même passé cinq années à Londres. Mon salaire mensuel s’élevait à 600 000 Cfa, avec en prime un logement gratuit, une allocation spéciale pour mon alimentation et un véhicule. Des changements sont survenus plus tard dans la société. Le Directeur du marketing originaire d’Europe, a été remplacé par un camerounais. Un frère ! C’est ce dernier qui a décidé de modifier mon traitement salarial. Nous n’avons pas trouvé un terrain d’entente, d’où mon départ de guinness. De manière générale ma carrière a été un succès. Je ne suis pas milliardaire, mais ne manque de rien aujourd’hui.

A votre avis que faut  il faire pour que le catch camerounais ait un bon niveau?

Chaque athlète devrait avoir un sponsor. C’est ainsi qu’il connait une bonne évolution dans sa carrière. Au Cameroun les gens ne le savent pas. Power Lee, l’actuel Champion d’Afrique des poids lourds, a pu disputer la finale aller à Yaoundé grâce à son sponsor. Il s’occupe du volet financier. Les camerounais manquent de sponsors. Chaque catcheur doit en avoir un. Sinon les choses deviennent difficiles. En réalité l’Etat ne s’occupe pas des débutants, mais des athlètes connus. L’athlète doit se prendre en charge dans un premier temps, avant d’espérer une certaine assistance de l’Etat. Les camerounais doivent le savoir.

© CAMERPOST par Olivier Ndema Epo

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