Cameroun – Socam: Ndedi Eyango bientôt devant la barre

Le président de la Société civile de l’art musical récemment démis de ses fonctions, est accusé de faux et usage de faux par l’Etat camerounais.

Ndedi Eyango
Ndedi Eyango

Ndedi Eyango doit certainement maudire le jour où l’idée de se présenter comme candidat à la présidence du conseil d’administration de la Socam lui est passée par la tête. L’auteur du célèbre titre « you must calculer » a totalement perdu le sommeil depuis l’élection du 02 novembre dernier. Après avoir été récemment suspendu de ses fonctions, l’artiste est désormais poursuivi pour faux et usage de faux. C’est ce qu’a annoncé hier au cours d’une conférence de presse à Yaoundé, le collectif des avocats du ministère des Arts et de la Culture. « Ndedi Eyango est un fraudeur et un faussaire. Il a produit des faux documents pour être éligible au conseil d’administration de la Socam. Démasqué, il veut induire tout un pays en erreur. D’où sort-t-il qu’un étranger vienne diriger dans notre pays ? Il est temps que cela cesse et qu’il réponde de ses actes au lieu d’accuser le Minac de l’avoir épinglé », a martelé Me Charles Tchoungang, avocat de l’Etat du Cameroun. En effet, dans une correspondance datée du 13 novembre 2013, Joseph Bienvenu Charles Foé Atangana, l’ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis indiquait clairement que Ndedi Eyango Pierre Adolphe possède un passeport américain et qu’il a bénéficié d’un visa de trois mois depuis le 10 juillet 2009. Celui-ci est donc actuellement en situation irrégulière au Cameroun. D’après Me Charles Tchoungang, « tout Camerounais qui acquiert une autre nationalité perd la nationalité camerounaise et par conséquent, n’est pas éligible aux fonctions réservées aux nationaux camerounais ».

Mais comment sa candidature a-t-elle pu être validée au cours de l’élection du 02 novembre dernier? C’est la question que se posent bon nombre d’observateurs. « Ce citoyen des Etats-Unis est allé à Nkongsamba, induire le greffier du tribunal de première instance en erreur, qui lui a délivré un certificat de nationalité. Il a demandé qu’on lui délivre également un bulletin de casier judiciaire vierge n° 3. Puis il a obtenu une carte nationale d’identité camerounaise », répond Me Charles Tchoungang. « Nous sommes dans une situation grave face à quelqu’un qui a fait du faux et de l’usage de faux », conclut l’avocat.

© Camerpost.com: Achille Nayé