Cameroun – Socam: Les déboires de Prince Eyango

Le ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna, vient d’adresser une mise en demeure à Ndédi Eyango, président du Conseil d’administration de la Société Civile Camerounaise de l’Art Musical(Socam). Une décision qui précède sans doute son limogeage.

Ndédi Eyango
Ndédi Eyango

La gestion des droits d’auteur au Cameroun est un serpent de mer. C’est confirmé. Le grand Manu Dibango s’en est rendu lui-même à l’évidence il y a quelques années lorsqu’il a accepté de donner un coup de main aux artistes en présidant le Conseil d’administration de la Smc aujourd’hui remplacée par la Socam. L’artiste inter planétaire avait alors été humilié, traité de tous les noms d’oiseaux. Manu avait ainsi pris la ferme décision de ne plus remettre ses pieds au Cameroun.

Ndédi Eyango est à coup sûr entrain de vivre la même expérience. Le prince des montagnes qui est à la tête de la Socam depuis à peine seulement deux mois, vient de recevoir une mise en demeure de la ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna. La correspondance du membre du gouvernement est sans aucune ambigüité. « Je voudrais vous signifier formellement que votre élection est entachée d’énormes irrégularités, notamment en violation de vos statuts et en particulier de l’article 4 de votre Code Electoral sur la nationalité camerounaise requise des candidats », écrit la ministre des Arts et de la Culture, qui poursuit plus loin : « je vous mets en demeure de trouver rapidement et ce dans un délai de 10 jours, le moyen de revenir à la légalité et permettre à la Socam de prétendre à un agrément sur la base d’un fonctionnement idoine de ses organes dirigeants, conformément à la réglementation en vigueur. »

La lettre de la ministre des Arts et de la Culture se veut même menaçante, ne serait-ce par son ton : « dans le cas contraire, je me verrais dans l’obligation d’engager toutes les procédures nécessaires, sans un autre avis, ni délai, pour faire respecter les dispositions de la loi no 2000/011 du 19 décembre 2000 relative au droit d’auteur et aux droits voisins du droit d’auteur, ainsi que celles de son décret d’application », conclut Ama Tutu muna.

La querelle ici tourne autour de la double nationalité de l’artiste qui serait non seulement camerounais mais aussi américain. La lettre de la ministre des Arts et de la Culture intervient au moment où de nombreux artistes, décidés à débarquer Ndedi Eyango du poste de Pca de la Socam, organisent des marches de protestation au siège de la structure et à l’ambassade des Etats-Unis.

Les prochains jours s’annoncent donc très critiques non seulement pour l’artiste, mais aussi pour la Socam qui va devoir encore traverser une autre zone de turbulences.

© camerpost.com: Achille Nayé

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