Cameroun – Severin Tchounkeu : « Il est important aujourd’hui que le journaliste soit détenteur de la carte de presse »

Severin Tchounkeu, président de la Commission de délivrance de la carte de presse | DR
Severin Tchounkeu, président de la Commission de délivrance de la carte de presse | DR

Le président de la Commission de délivrance de la carte de presse en tournée à Douala, revient sur leur déplacement, l’importance et les avantages de cette pièce, non sans insister sur la nécessiter d’assainir la profession.

Les membres de la Commission de délivrance de la carte de presse sont en mission dans la ville de Douala pour un séjour de deux jours.  Quel est l’objet de cette mission ?

Nous sommes venus à Douala pour sensibiliser les patrons de presse et les journalistes sur l’importance de la carte de presse que notre Commission s’apprête à délivrer. Et les inviter à respecter les délais de recevabilité des dossiers fixés par la Commission.  Nous voulons aussi leur rappeler la liste des pièces à fournir pour obtenir le précieux sésame. Après les combats menés pour la liberté d’expression dans ce pays, combats certes déjà gagnés en partie mais qui continue, il est important aujourd’hui que le journaliste soit détenteur de la carte de presse. Car, il faut répondre à la question de savoir qui sommes-nous et combien nous sommes.

A partir du moment où nous aurions répondu à ces questions, nous aurons franchi un palier et nous pouvons dès lors exiger qu’un certain nombre d’avantages connus universellement dans ce type d’activité prennent corps chez nous. Ceci dans l’optique même de défendre les conditions de travail de ceux qui sont dans cette corporation et de lutter pour la pérennisation des entreprises qui les emploient.

On ne peut pas lutter pour la pérennisation des entreprises alors même que ce qui fonde leur existence est mis en cause. Il me semble que les étapes aujourd’hui ont été franchies. On ne peut pas dire que la liberté de la presse est acquise à 100%. Mais, on est à 75%. Maintenant qu’on a franchi certaines étapes, il faut raffermir cette liberté. En faisant de telle sorte qu’on ne puisse pas au quotidien nous prendre à défaut par rapport à ceux qui ternissent l’image de cette profession. Il ne faut pas que nous soyons pris à défaut par le comportement de ceux que nous considérons tous comme des aventuriers dans la profession.

Pour parvenir à tout cela, il y a des préalables. Nous pensons que la délivrance de la carte de presse est un élément important, sinon déterminant pour tous ceux qui exercent cette profession. C’est pourquoi nous sommes là ce matin. Nous sommes là pour interpeller les chefs d’entreprises et faire à ce que ces derniers facilitent l’obtention de dossiers pour la délivrance de la carte de presse, qu’ils rassemblent ces dossiers dans leurs entreprises afin de nous le faire parvenir en un seul bloc, avant le 28 février 2016 prochain.

Est-ce que vous pouvez revenir sur les avantages de cette carte de presse ?

 Les avantages sont nombreux. Au-delà du fait que cela va permettre d’identifier le journaliste et de lui faciliter l’accès aux sources d’informations, il y a que le détenteur de cette carte de presse pourra bénéficier de 35% de réduction sur les frais d’hôtels. Nous avons signé un partenariat avec le président de l’association des propriétaires des entreprises hôtelières. N’oubliez pas que nous avons toujours pour souci l’intérêt du journaliste et nous militons pour que son honorabilité soit rétablie. Il y avait un moment ici dans ce pays, quand tu arrivais dans le bureau d’un responsable d’entreprise et que tu disais que tu étais journaliste, même s‘il était en réunion, il faisait tout pour te recevoir. Je doute fort qu’aujourd’hui ce soit le cas. Nous voulons que cette idée s’estompe. Autre avantage, c’est que le détenteur de cette carte bénéficiera des réductions dans tous les services qu’il sollicitera de Orange Cameroun, par exemple. La liste est longue.

Si des journalistes constituant leur dossier ne réussissent pas à obtenir de leur patron la copie de leur contrat de travail ou la preuve de leur immatriculation à la Cnps comment cela va se gérer ?

 Il faut que le journaliste retienne que la carte presse, c’est d’abord   la carte d’identité professionnelle du journaliste. Ce n’est pas la carte de presse de l’entreprise qui l’emploie. C’est une pièce qui atteste qu’il est journaliste qualifié et reconnu comme tel avec une certification.  Elle est différente de la carte professionnelle que va vous délivrer l’organe de presse qui vous emploie. A ce moment, quand vous constituez votre dossier, vous faites une note à l’attention de la Commission de délivrance de la carte de presse pour lui faire savoir que votre entreprise ne vous a pas délivré des pièces relevant de son ressort. Nous prendrons nos responsabilités et nous saurons ce que nous ferons.

Si des responsables font des déclarations à la Cnps et ne cotisent pas par la suite, comment la Commission va gérer de tels cas ?

 On a une commission qui statue sur les dossiers soumis. Et à la fin on délibère. Il n’y a pas de principe d’automaticité.  Toutes ces contorsions, je les connais. Il peut y avoir un ou deux qui passent par les mailles du filet. Mais dès que l’information nous sera communiquée sur des détenteurs de la carte de presse qui n’y ont pas le droit, nous réexaminerons le dossier dans les 72h qui suivent et retireront la carte de presse officiellement et avec grand renfort de publicité, s’il y a un faux.

Source : © La Nouvelle Expression

Propos recueillis par Hervé Villard Njiélé

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