Cameroun – Sélections nationales : La saignée se poursuit – 09/08/2014

Les fugues des athlètes sont légion au Cameroun. A chaque compétition internationale le risque est grand d’en perdre de nouveaux. Les huit disparus desJeux du Commonwealth 2014 sont les derniers  d’une liste.

La Cameroon Olympic Team - Photo d'archives.La sonnette d’alarme a été tirée lors des Jeux olympiques de 1996. Des athlètes de la Cameron olympic Team n’avaient pas répondu à l’appel, à l’aéroport d’Atlanta. La délégation camerounaise rentrait alors au Cameroun.

Les Jeux de la Francophonie 2001 organisés dans la ville canadienne d’Ottawa, sont l’occasion pour deux boxeurs de s’engager avec d’autres Nations. Herman NGOUDJO ET BIKAMBA SAKIO réussissent à quitter leur hôtel avec leurs effets personnels.  Le premier venait pourtant de remporter une médaille de bronze dans la catégorie des moins de 57 kilogrammes. Aujourd’hui les deux hommes boxent pour le Canada et l’Australie. Ils ont chacun été sacrés Champion du monde.

Lors des Jeux du Commonwealth 2006 en Australie, onze membres de la délégation camerounaise disparaissent alors que la compétition vient de s’achever. La délégation arrive au Cameroun amputée d’une partie importante de son effectif.

Michelle Marie BABANA et Marie Gaëlle FOUMENA vont elles-aussi abandonner le Cameroun.  Lesdeux sprinteuses des 100 et 200 mètres  disparaissent le 15 septembre 2011, juste avant le vol à destination du Cameroun. Elles représentaient le pays aux Jeux du Commonwealth à Manchester (Angleterre). Elles étaient âgées de 16 ans, et ne s’exprimaient qu’en français. Elles n’avaient en leur possession que 10 Livres Sterling, l’équivalent de 7 000 Cfa.

Les Jeux Olympiques de 2012 à Londres voient huit autres camerounais fausser compagnie à leurs encadreurs. Ce sont cinq boxeurs : Thomas ESSOMBA, Christian DONGFACK ADJOUFACK, Abdon MEWOLI, Blaise YEPMOU MEDOUO et Serge AMBOMO. Entre autres fugueurs l’on retrouve également le nageur Paul EDINGUE EKANE, un judoka et une footballeuse. Le cas de Drusille NGAKO est toutefois particulier. La gardienne réserviste de l’équipe de football, n’avait pas été retenue parmi les 18 joueuses sélectionnées pour la compétition. Admise à disputer un dernier match de préparation contre la Nouvelle Zélande,  elle réussit à quitter le groupe entre les villes de Coventry et Londres.

De manière générale les fugueurs se plaignent du non payement de leurs primes. Selon certaines sources les athlètes feraient l’objet de chantage de la part de leurs encadreurs. La prime quand elle existe, est diminuée de moitié. Ceux des athlètes qui ne se plient pas à la donne seraient écartés de la délégation. L’autre raison de ces fugues réside dans le manque d’encadrement. Les sportifs recherchent de meilleures conditions d’entrainement. A ce jour le Cameroun a perdu plusieurs dizaines d’éléments talentueux lors de compétitions internationales. Une estimation qui ne tient pas compte des migrations volontaires. Ici les chiffres sont encore plus impressionnants.

© Camer Post – Olivier NDEMA EPO

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