Cameroun – Sécurisation de la nationalité : l’ acte de naissance au cœur des magouilles

L’ acte de naissance au cœur des magouilles | Illustration/DR
L’ acte de naissance au cœur des magouilles | Illustration/DR

Le préalable fondamental dans la sécurisation de la nationalité Camerounaise passe par la protection du système d’établissement des actes de naissance. La question essentielle est celle de savoir : les actes de naissance produits au Cameroun sont-ils fables ? Sont-ils suffisamment sécurisés ?

L’entrée en production du tout nouveau système de sécurisation des titres identitaires au Cameroun vient mettre en lumière un vœu, une volonté manifeste des plus hautes autorités du pays de mieux sécuriser la nationalité camerounaise. Le contexte de lutte contre le terrorisme y est sans doute pour beaucoup. Mais comment sécuriser un document dont la délivrance repose sur la présentation d’un acte de naissance ? De nombreux camerounais savent qu’il possible dans ce pays de voir un seul individu avec plusieurs actes de naissance tous avec un âge différent. Dans le langage populaire, les camerounais disent de cette pratique qu’il s’agit de : « faire un tour à Kumba ». La pratique est tellement ancrée dans les habitudes qu’elle est banalisée et devient même la norme. Dans ce contexte peut-on réellement parler de nationalité sécurisée ? N’importe quel étranger peut à coup de Fcfa obtenir un acte de naissance authentique dans une mairie ou chez l’officier d’Etat civil du coin. Visiblement le nœud du problème réside dans l’établissement des actes de naissances.

En 2007, l’Etat camerounais a lancé le processus de réhabilitation et de réformation du système de l’Etat civil. En 2011 la loi portant organisation de l’Etat civil a été promulguée.  Cette initiative a abouti à la création en 2015 du Bureau National de l’Etat Civil. Cette structure devrait en principe centraliser les données issues des centres d’Etat Civil pour constituer un fichier national de l’état civil. Cela devrait permettre d’enregistrer progressivement de manière informatisée tout acte d’état civil délivré par un centre d’état civil. Logiquement le BUNEC pourrait concevoir un système d’alerte et de détection automatique de toute tentative d’établissement de double acte de naissance ou de tout autre document d’état civil. Mais pour que le système fonctionne il faudrait au préalable que les mairies et les différents centres d’état civil s’arriment effectivement aux technologies de l’information et de la communication ce qui suppose que chaque centre dispose d’ordinateurs et d’une connexion internet c’est le minimum. L’enregistrement des actes d’états civil doit impérativement se faire non plus de manière manuelle dans un plumitif en papier mais aussi directement dans un ordinateur de telle sorte que chaque fois que l’ordinateur en question est connecté à internet que les données soient automatiquement envoyés au centre de stockage du BUNEC.

Le constat qui s’impose est qu’il y a encore du travail à faire et visiblement la volonté politique y est également le reste ne devrait être qu’une question de temps.

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER

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