Cameroun – Sdf : Les cinq successeurs présumés de John Fru Ndi – 27/05/2014

En plus de bénéficier d’un capital de confiance auprès du Chairman de ce parti, ils comptent parmi ses conseillers dans l’ombre.Le sujet ne fait sans doute pas l’actualité dans les milieux du Social Democratic Front (Sdf), mais la célébration du 24ème anniversaire de ce parti, hier lundi 26 mai 2014, a donné l’occasion d’évaluer le parcours d’un parti né dans la douleur d’une marche dramatique à Bamenda, il y a 24 ans, par le courage d’un homme, John Fru Ndi. Le temps a vraiment passé, laissant prospérer des voix sourdes de la succession.

John Fru Ndi, président national du Social Democratic front (SDF).
John Fru Ndi, président national du Social Democratic front (SDF).

Même si les dauphins présentés ne peuvent pas se prêter à cet exercice, des sources dignes de foi au Sdf, les présentent comme étant les hommes les plus écoutés de John Fru Ndi. Et par conséquent, potentiels successeurs de l’homme fort de Ntarinkon, au cas où ce dernier s’abstient, lors du renouvellement du mandat des membres du Comité exécutif national (Nec) en 2017, de se jeter à la conquête de la présidence nationale du Sdf. A en croire des indiscrétions, John Fru Ndi, âgé aujourd’hui de 73 ans, aurait signifié son retrait de la politique d’ici à la prochaine présidentielle au Cameroun. Ce qui pourrait favoriser l’émergence de quelques jeunes gens aux dents longues.

Dans cette logique, et au regard de l’ordre protocolaire au Sdf, Joshua Nambangi Osih a le profil de l’emploi. Le premier vice-président du Sdf, élu au congrès d’octobre 2012 et député du Wouri-Centre depuis le 30 septembre 2013, a presque gravi tous les échelons. Présenté par certains acteurs comme la « star du Sdf », la candidature de l’ancien président provincial du Sdf au Sud-Ouest [sa région natale] avait été fortement encouragée au poste de 2ème vice-président au congrès de 2006. Le militant de base qu’il était, venait ainsi d’être récompensé. L’entrepreneur de 45 ans, sait se mettre au service de son parti et de son Chairman. Tout comme, il évite les questions sur la succession, laissant entendre à ses interlocuteurs que John Fru Ndi est encore le seul capable de conduire la barque.

Comment ne pas évoquer le 3ème vice-président de l’Assemblée nationale, Joseph Mbah-Ndam Njang, dont la proximité avec le Chairman a souvent laissé croire qu’il a son mot à dire dans tous les dossiers. C’est que, cet avocat de profession et député de la Momo- Est depuis 1997,jouit d’une longue expérience politique. L’ancien président du groupe parlementaire Sdf à l’Assemblée nationale, 59 ans, est l’homme des dossiers sensibles au Sdf. L’une de ses forces réside dans son silence et sa capacité de résilience. Pas un mot de lui en public, tant que l’image du Sdf est en péril.

Hommes liges

Il sait encaisser tous les coups. La course à la présidence du Sdf n’est peut-être pas son objectif, mais Joseph Banadzem fait partie du dernier carré de John Fru Ndi. Une position qui peut se justifier par son ascension au poste de président du groupe parlementaire Sdf, il y a quelques années, après la promotion de Joseph Mbah Ndam à la vice-présidence de l’Assemblée nationale.

Il s’agit d’une voix qui compte dans la prise de décisions, pour le député du Bui-Centre [Kumbo] dont la fidélité au Chairman ne souffre d’aucun doute. Un peu comme son homologue Cyprian Awudu Mbaya, député et questeur au palais de Verre à Ngoa-Ekelle. Ce dernier peut se targuer de faire partie des hommes liges du Chairman. En dehors de ses activités d’entrepreneur, ce fils de Nkambe dans le département du Donga-Mantung n’est pas moins pris au sérieux dans une éventuelle succession à John Fru Ndi.

En dernière position, figure Benjamin Achu Fru Ndi, le fils du Chairman. Son entrée sur la scène politique, comme conseiller municipal à la commune de Bamenda 2ème et grand conseiller à la Communauté urbaine de Bamenda (Cub),n’est pas fortuite. S’il joue le rôle de secrétaire particulier (Sp) auprès de son père, Benjamin Achu Fru Ndi dit être en train d’apprendre. Auprès des aînés qui lui accordent presque toujours une oreille attentive, du fait de son statut. Benjamin Achu Fru Ndi, 28 ans, dernier né d’une famille de sept enfants, a obtenu sa première carte de militant au Sdf, en 1997.

Il présente un atout, son aisance à manier aussi bien la langue de Shakespeare que celle de Molière. Un avantage pour celui qu’on considère comme un élève auprès de son père, et qu’on a écouté à plusieurs occasions publiques. On se souvient encore de son intervention magistrale, le 11 septembre 2004 au congrès extraordinaire du Sdf à Bamenda, où il aura contribué à faire réélire John Fru Ndi comme candidat du Sdf à la présidentielle de la même année. Le Chairman du Sdf avait donc engrangé 994 voix, contre 132 à Noucti Tchokwango et 59 à Ben Muna [l’actuel président de l’Afp].

Un jeune loup aux ambitions légitimes, qui fait ses premiers pas d’écolier dans son Bamenda natal. Puis, il fréquente le Sacred Heart College à Bamenda, collège missionnaire d’enseignement secondaire. IL en ressort titulaire d’un General Certificat of Education (Gce) Ordinary Level (Bepc) et d’un Advanced Level (Baccalauréat). Ce qui lui ouvre les portes de l’université.

En 2005, Benjamin Achu Fru Ndi s’inscrit à l’université de Southampton en Grande-Bretagne. Des études sanctionnées par un diplôme en sciences politiques et relations internationales. Par la suite, il obtient une licence en droit et diplomatie à l’université de Birmingham dans l’Etat d’Alabama aux Etats-Unis d’Amérique. Son séjour au pays de l’Oncle Sam s’achève en 2010, lorsqu’il renvient au Cameroun. Auprès de son père qu’il sert aussi bien dans les affaires publiques que privées. Autant dire qu’il est sur les traces du Chairman.

Source : © Mutations

Par Michel Ferdinand