Cameroun – Santé : Mise au point d’un appareil de radiologie pour les petites bourses – 10/03/2015

Engelbert Manga, du Ministère camerounais de la santé, et Romain Sahli, de l’EPFL, devant le prototype. | Image: VANESSA CARDOSO
Engelbert Manga, du Ministère camerounais de la santé, et Romain Sahli, de l’EPFL, devant le prototype. | Image: VANESSA CARDOSO

L’EPFL et des partenaires suisses et africains ont mis au point un prototype de matériel médical mieux adapté aux conditions des hôpitaux du Sud.

Il résiste aux coupures et aux variations de courant, aux ravages combinés de la poussière, de la chaleur et de l’humidité, et il est dix fois moins cher qu’un appareil médical équivalent installé dans une clinique de pays riche.

Le dispositif de radiologie mis au point conjointement par l’EPFL et par des partenaires comme la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale ou le CHUV, est une première. Il s’agit de proposer aux hôpitaux camerounais de l’imagerie médicale de haute technologie mais qui ne coûte que 50 000 francs, sur dix ans, au lieu de 500 000.

Nommé GlobalDiagnostiX, ce projet particulier est encore au stade du prototype, explique le Dr Klaus Schönenberger, à l’origine de cette idée: «Cela démontre que c’est faisable, maintenant il faut le tester sur le terrain, et développer encore l’interface et des programmes de formation à son utilisation pour le personnel camerounais.»

L’Institut tropical, à Bâle, ainsi que la Fondation EssentialMed, qui a pour mission de développer d’autres types d’équipements avec la même approche, contribuent au projet global, tout comme l’Etat camerounais.

Facile à utiliser

«Nous avons du personnel formé à la radiologie dans les grandes villes, mais c’est beaucoup moins le cas en zone rurale, explique le Dr Engelbert Manga, responsable de la coopération au Ministère de la santé. Et souvent, ces soignants doivent faire beaucoup de choses différentes. Il faut que ce genre d’appareil soit facile à utiliser.»

Klaus Schönenberger rappelle que de nombreux appareils médicaux offerts aux hôpitaux du tiers-monde finissent souvent dans un coin, inutiles, parce qu’ils sont trop fragiles ou que les consommables coûtent trop cher ou ne sont pas disponibles. «Ils sont conçus pour les hôpitaux bien financés des pays du Nord», conclut-il.

D’où l’idée, notamment, de se passer de commandes électriques pour la potence du prototype, entièrement mécanique. En même temps, l’appareil de GlobalDiagnostiX est digital, il n’y a pas de radios à développer sur du papier spécial et les résultats peuvent être transmis par téléphonie mobile, par exemple pour avoir l’avis d’un radiologue dans la capitale.

Patrick Aebischer, président de l’EPFL, a assuré hier lors de la présentation du prototype qu’il apporterait son soutien personnel à la suite du projet, entre autres pour récolter les près de 2 millions de francs encore nécessaires pour arriver au stade de la production.

Bertrand Klaiber, entrepreneur, l’autre «âme suisse» du projet, précise que le prix de vente sera défini en fonction des moyens des pays acheteurs (24 heures).

Source : © 24heures.ch

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