Cameroun – Saison sèche : Quand la poussière dicte sa loi

Quand la poussière dicte sa loi | DR
Quand la poussière dicte sa loi | DR

Entre indisposition et maladies respiratoires, le quotidien des riverains des routes non-bitumées n’est pas à envier.

Ce n’est pas demain ou la semaine prochaine que la pluie tombera. D’après le Pr. Maurice Tsalefac, climatologue et doyen de la Faculté des arts, lettres et sciences humaines de l’Université de Dschang, c’est vers la fin du mois de mars ou en début avril que les villes pourront être arrosées. Il va faire de plus en plus chaud jusqu’à cette période parce que l’on évolue vers l’équinoxe du printemps. D’après le spécialiste, il ne s’agit pas de changement climatique mais du déroulement normal des saisons.

En attendant ces éventuelles pluies, c’est la galère à Yaoundé. Non seulement il fait très chaud, mais aussi, il y a trop de poussière. Les riverains des routes secondaires non-bitumées sont au premier rang des victimes. Hier, c’est avec un cache-nez et un foulard n’épargnant que les yeux que CT a retrouvé Annette Essomba, « call boxeuse », au lieu-dit « Descente Superette » au quartier Biyem-Assi. Elle ne peut empêcher les véhicules de passer ou les chauffeurs d’appuyer sur l’accélérateur, subissant les dégâts. Son métier le lui impose. C’est au prix de sa santé qu’elle y reste. « Ça ne va pas. Ce lieu est devenu invivable. Ce masque n’a même plus d’effet puisque dans tous les cas, je respire de la poussière. C’est la cause de ce rhume que je trimballe depuis des jours », explique-t-elle, la mine serrée. Quelques maisons après elle, un jeune muni d’un tuyau d’eau arrose la chaussée. « Nous mangeons et buvons la poussière. Nous ne faisons plus le ménage parce que c’est inutile. Nous sommes obligés de vivre avec portes et fenêtres fermées. Ce qui n’est pas gai », regrette-t-il.

Le quotidien de ces habitants est semblable à celui de plusieurs autres à Yaoundé et ailleurs depuis le mois de décembre dernier : violent soleil, poussière énorme et maladies respiratoires. D’après le Dr Sylvestre Fondjo, médecin urgentiste à l’Hôpital général de Yaoundé, sur 20 malades reçus par jour, quatre à cinq souffrent de grippe et de bronchite. Sans oublier que les personnes souffrant d’asthme ont de plus en plus de crise. Face à cette situation, le médecin appelle les uns et les autres à éviter d’aspirer trop de poussière. Il conseille également de s’octroyer un masque le plus tôt possible. Car si certaines de ces maladies ne provoquent pas nécessairement la mort, elles mettent les patients mal à l’aise.

Source : © Cameroon Tribune

Par Elise ZIEMINE