Cameroun : Rupture consommée avec un groupe sucrier indien – 26/11/2014

M. Emmanuel BONDE, ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique
M. Emmanuel BONDE, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique

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Le gouvernement camerounais, à travers le ministère de l’Industrie, vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt en vue de la sélection d’un investisseur privé pour la création et l’exploitation d’un complexe agro-industriel sucrier dans l’interzone Bertoua-Batouri (Est), décrétant ainsi la rupture totale avec la société de droit indien Justin Sugar Mills qui s’activait depuis quelques années autour du même projet.

L’appel porte sur l’exploitation d’une superficie minimale de 32.000 hectares, avec érection d’une unité de transformation, pouvant permettre de résorber le déficit de la production locale et d’exporter vers la sous-région.

Il vient ainsi confirmer la résiliation du protocole d’accord conclu le 13 avril 2012 entre le gouvernement et Justin Sugar Mills.

Le 26 juin dernier, en effet, le ministre de l’Industrie, Emmanuel Bondé, annonçait dans un communiqué que cette abrogation faisait suite à des dysfonctionnements relevés par un cabinet international d’audit dans l’application du protocole d’accord.

Quelques jours plus tard, les responsables de l’entreprise accusaient le membre du gouvernement de manipuler, de décourager ou de saboter la réalisation de ce projet de développement communautaire et de lutte contre la pauvreté, ‘’qu’un lobby aux intérêts purement personnels s’évertue depuis des années à s’accaparer sans succès”.

Poursuivant leur argumentation, ils indiquaient que le Premier ministre du Cameroun avait clairement clos le débat en exprimant la nécessité de la concurrence dans l’industrie sucrière camerounaise et réaffirmé le soutien total de l’Etat à ce projet, qui non seulement allait permettre la réalisation du complexe sucrier dans l’interzone Bertoua-Batouri, mais aussi garantir 17.500 emplois aux Camerounais.

Avec un investissement de l’ordre de 60 milliards FCFA, l’usine de Batouri devait débuter ses activités dès janvier 2014 avec 15.000 hectares de plantations de canne à sucre sur une superficie totale de 155.000 hectares, avec une production initiale de 60.000 tonnes par an.

Le complexe, en exploitant ses déchets industriels, annonçait aussi la production de l’énergie pour sa propre consommation et l’électrification des localités environnantes.

Le pays qui connaît un déficit sucrier oscillant entre 60.000 et 90.000 tonnes, est actuellement approvisionné par la Société sucrière du Cameroun (SOSUCAM), filiale du groupe français Vilgrain.

© CamerPost avec © APA

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