Cameroun : Rigobert Song et du social au menu des journaux

Rigobert Song | Archives/DR
Rigobert Song | Archives/DR

Le sort de l’ancien capitaine de la sélection de football, Rigobert Song Bahanag, victime d’un accident vasculaire-cérébral, mais aussi des sujets à caractère social meublent les colonnes des journaux camerounais parus mercredi.

Après avoir été évacué la veille au soir vers la France, l’actuel entraîneur des Lions A’ arrive à Paris ce jour à bord d’un avion médicalisé, et c’est le Centre hospitalier universitaire (CHU) de la Pitié-Salpêtrière qui doit l’accueillir, indique le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune.

Ce départ, explique Mutations, est intervenu après la tenue, en mi-journée, d’une réunion au ministère de la Santé publique regroupant plusieurs membres du gouvernement, et ce alors que des dizaines de fans anxieux de l’ex-défenseur avaient envahi le Centre des urgences de l’hôpital central de Yaoundé, la capitale.

Au lieu où il était interné depuis dimanche, le malade a reçu la visite d’une foule de fans venus aux informations, confirme l’hebdomadaire Repères.

La nouvelle de son accident vasculaire-cérébral a en effet bouleversé de nombreux internautes affolés, indique Signatures, ajoutant qu’elle a suscité des millions de messages de soutien à travers le monde et sur les réseaux sociaux, de même que l’état de santé du footballeur reconnu pour son «fighting-spirit» fait l’objet d’un vif intérêt au sein des rédactions du monde.

Et Repères d’avoir cette fine analyse, qui en même temps dénonce l’inégalité de traitement des citoyens face à la maladie : «Il est important, sinon urgent, que les pouvoirs publics prennent des dispositions pour offrir aux Camerounais des soins de qualité leur permettant de trouver satisfaction dans les formations sanitaires du Cameroun. Ceci permettrait d’éviter tous les commentaires plus ou moins fondés, sur le bien-fondé ou non, d’une évacuation sanitaire, quel que soit le rang du bénéficiaire. Le cas Song sert de ce point de vue de nouveau départ.»

Le même journal, sur le front social, consacre un dossier à «ces grandes écoles devenues otages des grandes familles» : alors que le Cameroun a mal au fonctionnement de son administration, ces lieux par excellence du savoir pour tous sont accaparés par la classe bourgeoise et dirigeante.

Ainsi, pendant que les rejetons des «gens bien» bénéficient de tous les privilèges, les autres sont éternellement priés de patienter au bas de l’échelle sociale, toute chose qui a des conséquences néfastes sur la société, qui désormais est fractionnée en castes

L’école, Cameroon Tribune la traite sous le prisme de la célébration, le même jour, de la Journée mondiale des enseignants pour remettre, sur la table, l’épineuse question de la perception de l’enseignant par la société actuelle.

«Elle est bien loin l’époque où le maître était vénéré par ses élèves, ses propos comptant pour parole d’évangile. Le respect pour l’enseignant, détenteur et dispensateur de connaissances, semble avoir été jeté aux orties. Il n’y a qu’à voir comment certains parents leur parlent et les traitent.»

Et Signatures de saluer, dans une lettre ouverte, le courage de ces chers dispensateurs du savoir, face à l’ingratitude, à l’injustice, «car sans l’école, on n’est rien, même si on est riche».

«Enseignant camerounais, je salue ton abnégation et ton patriotisme. Je sais que sur ton chemin, les difficultés sont nombreuses, les frustrations aussi. Par rapport à tes camarades ayant choisi les secteurs où l’article 2 du texte de nomination est consistant, avec en plus des missions et des opportunités de corruption qui enrichissent de nombreux fonctionnaires, on dit au quartier et au village, que ‘’tu n’es rien’’ parce que tu n’as ni château, ni parking fourni, ni voiture de fonction, ni comptes bancaires obèses ; que tes enfants n’étudient pas à Paris, Londres ou Chicago, que tu ne connais ni les grands couturiers, ni les grands parfums, encore moins les grands vins, et que le whisky en sachet fait bien ton affaire.»

D’autres travailleurs en plein malaise, renchérit Mutations, ce sont les diplomates du ministère des Relations extérieures, qui dans une lettre incendiaire à leur hiérarchie exigent le toilettage de leur statut qui date de 1975.

© CAMERPOST avec © APA

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