Cameroun – Revue Presse : Justice et aviation au menu de la presse nationale

Revue de presse camerounaise

Le procès intenté à des évêques de l’Église catholique par un consortium de parents d’élèves désabusés des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi l’acquisition la veille, par la compagnie aérienne nationale, de deux nouveaux aéronefs occupent de larges espaces dans les journaux camerounais parus jeudi.

’audience contre Cornelius Fontem Esua, archevêque de Bamenda et son auxiliaire,Michael Miabesue Bibi, mais aussi contre leur confrère de Kumbo, Georges Nkuo ainsi que trois directeurs d’établissements confessionnels de la zone, prévue à cet effet vendredi prochain devant le tribunal de première instance de la Mezam, a été reportée à une date ultérieure, informe The Guardian Post.

Cet ajournement, explique la publication, est dû à un deuil ayant frappé un membre de cette juridiction dont les obsèques auront lieu en fin de semaine.

Quoi qu’il en soit, fait observer L’Essentiel, la traduction des évêques du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en justice, fait inédit depuis les années 70 avec le procès fait à Mgr Albert Ndongmo, apparaît déjà comme un des faits majeurs qui relance cette crise anglophone qui tend à s’enliser.

Et de constater que celui qui poursuit des prélats et des pasteurs de l’Église catholique romaine et de la Presbyterian Church, et qui leur réclame pas moins de 150 milliards FCFA de dommages et intérêts pour avoir incité à l’arrêt des cours n’est nullement l’État, ou le gouvernement du Cameroun, dont on tend à soupçonner la main noire dans la rédaction de ces plaintes.

«Si l’affaire prend une tournure judiciaire et politique, c’est certainement dû aux prélats qui à travers leur mémorandum adressé au président de la République et leurs sermons aux fidèles, ont montré toute leur sympathie pour les activistes de la sécession ou du fédéralisme dont ils disaient clairement partager l’idéologie. Disons-le simplement, le clergé catholique et protestant du Nord-Ouest et du Sud-Ouest est devenu, au fil des jours, le porte-parole du mal de vivre anglophone et, insidieusement, le soutien au combat politique pour le fédéralisme à défaut de la sécession. De là à assimiler la fermeture des écoles et leur non réouverture à un acte politique, il n’y avait qu’un pas à franchir.»

Le malaise de la crise anglophone s’étend désormais jusqu’au barreau des avocats du Cameroun, dont deux membres sont actuellement sous les verrous : Le Jour relaie une virulente mise au point de l’Ordre des avocats à un des ses membres, Bernard Muna, qui dans une récente sortie médiatique a semblé méconnaître, voire remettre en cause, les pouvoirs du Conseil de l’Ordre et du bâtonnier qui défendent leurs confrères poursuivis devant le tribunal militaire.

En terme de droit d’ingérence, souffle Baromètre Communautaire, le Cameroun plus que jamais sous les coups de boutoir des Nations Unies, qui après avoir dénoncé le rapatriement forcé de réfugiés nigérian fuyant les exactions de la secte islamiste Boko Haram, exige, désormais, le rétablissement de la connexion Internet dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Il s’agit d’une sortie qui, selon la publication, prouve par la même occasion à certaines personnes qui déploraient le silence de la communauté internationale, par rapport au malaise anglophone, que la communauté internationale suit avec une attention particulière la crise que connaissent ces deux régions.

Mais la preuve que le gouvernement n’entend pas laisser la situation s’enliser c’est la mise en place, se félicite le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, de trois groupes de travail dont la mission est, justement, de proposer des solutions pérennes dans le domaine de la formation des personnels judiciaires anglophones, l’une des revendications sectorielles à l’origine de la crise.

Sur un tout autre front, Le Quotidien de l’Économie salue l’acquisition, par la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) de deux Boeing 737 précédemment, loués pour un montant total de 25 milliards FCFA.

«Mais, au-delà d’être la preuve de l’envol définitif de la Camair-Co, cette acquisition, qui met un terme au contrat de location des aéronefs, comporte un avantage financier certain pour la compagnie qui dépensait des sommes importantes pour s’acquitter des charges locatives.»

Le plan de redressement de la compagnie aérienne nationale est véritablement engagé, renchérit Cameroon Tribune : aujourd’hui qu’elle peut jouir en toute sérénité de l’exploitation de ces deux aéronefs, la direction générale de la Camair-Co ambitionne un nouveau déploiement, priorisant les destinations domestiques.

© CAMERPOST avec APA

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