Cameroun – Revue de la presse : Les journaux dissertent sur l’avenir du franc CFA

Les journaux dissertent sur l'avenir du franc CFA | RFI/Illustration
Les journaux dissertent sur l’avenir du franc CFA | RFI/Illustration

Plusieurs journaux camerounais parus lundi sont amplement revenus sur la tenue en fin de semaine dernière à Yaoundé, la capitale du pays, de la rencontre semestrielle des ministres de la zone franc.

L’avenir du franc CFA était en question lors de ces assises, titre Le Jour qui constate que rien de concret n’a été décidé par rapport à la monnaie commune à 15 pays d’Afrique du centre et de l’ouest.

L’idée de la mort du franc CFA, lié par une parité avec l’euro, n’emballe pas du tout les dirigeants africains, leur monnaie étant considérée comme un gage de stabilité économique et politique, analyse Emergence.

Pour le ministre français des Finances, Michel Sapin, cité par Le Quotidien de l’Economie et à propos de l’interchangeabilité entre la monnaie commune d’Afrique centrale et de l’ouest et la parité fixe avec l’euro, «la France ne décide pas à la place des autres».

Selon EcoMatin, «le choix de sortir ou de rester de la zone franc n’était pas au menu de cette réunion, mais de l’avis des spécialistes, il a été traité ipso facto en marge des activités prévues».

«A la vérité, les pourfendeurs du FCFA indiquent que la sortie des pays africains, lancés dans d’ambitieux projets de développement, est imminente. Côté Français, on semble prêt à jouer la carte du pragmatisme.»

«La zone Franc est une zone des Africains, pour les Africains, décidée par les Africains. La France est là pour accompagner. La France est là, comme vous le savez, pour garantir la stabilité de la monnaie. Nous nous engagerons à faire en sorte que cette monnaie reste stable par rapport à d’autres monnaies et cette stabilité est quelle chose de très utile aux pays concernés. Mais, c’est la décision des pays africains qui s’impose, pas celle de la France. S’il y a une volonté de voir évoluer cette zone, cela doit venir de la volonté des pays africains eux-mêmes et de leurs responsables», explique Michel Sapin au quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune.

Mutations bat pourtant en brèche cet argumentaire plein de bon sens : l’Afrique compte 54 pays indépendants, et seuls 15 de ces pays ont lié leur sort financier à l’ancienne puissance coloniale alors que, à l’intérieur même de ces Etats, économistes et monétaristes parmi les plus célèbres de la planète ressassent, à tout vent, qu’une monnaie est d’abord un instrument de souveraineté avant d’être un moyen de change commercial, et un pays qui ne contrôle pas cet instrument est assujetti.

© CAMERPOST avec © APA