Cameroun – Revendications des Régions anglophones : Le Gouvernement maintient sa position contre le fédéralisme

Issa Tchiroma exhorte les populations à saluer la bravoure des forces de défense | © AFP/Pacome

Ce sont deux membres du gouvernement qui sont montés au créneau le mardi 17 janvier 2017 pour exprimer leur ‘’NON’’ formel à la dernière revendication des syndicalistes sur le fédéralisme.

Décidément la question anglophone fait perdre le sommeil aux autorités politiques depuis le mois de novembre dernier. Des comités, des rencontres, des médiations et puis rien. La dernière rencontre entre  le comité ad hoc créé par le gouvernement et les syndicalistes des enseignants anglophones à Bamenda n’a visiblement pas abouti à un consensus. Dans l’administration également le ton se durcit davantage.

La fermeté gouvernementale

Le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation a pris le mardi 17 janvier 2017, un arrêté prévoyant la nullité sur le territoire national, des activités contraires à la constitution et de nature à porter atteinte à l’intégrité de l’Etat, à l’unité nationale et à l’intégration nationale.

Ainsi, les groupements nommés, Southern Cameroon national council (SCNC) (mouvement indépendantiste des régions anglophones Ndlr), et Cameroon anglophone civil society consotium-Cacsc, sont interdits de toutes activités, réunions et manifestations initiées par le SCNC et  le CACSC. Tout groupement apparenté ou poursuivant un but similaire ou toute autre personne s’en réclamant est visé par ce texte. La décision du ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, René Emmanuel Sadi met en garde tout contrevenant à cette décision qui entre en application dès la date de signature, qu’ils sont passibles de poursuites judiciaires.

Au même moment le ministre de la communication et porte parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary s’exprimait devant la presse nationale et internationale sur les dernières revendications anglophones. Issa Tchiroma Bakary a rappelé toutes les étapes qui marquent la bonne volonté de l’Etat dans son processus de parvenir à une solution négociée de la crise. Au nom du gouvernement, son porte parole a lui aussi dit non : « Nous devons donc rester à l’écoute les uns des autres. Nous devons donc rester ouverts aux idées mélioratives. A l’exclusion toutefois, à celles qui viendraient à toucher la forme de notre Etat » a-t-il précisé. Il a ajouté d’un ton ferme que « Le Cameroun est un et indivisible. Il le demeurera. Le chef de l’Etat affirme sans ambages. La forme unitaire de l’Etat est intangible. Il n’y aura donc, ni fédéralisme, ni sécession » selon Issa Tchiroma.

La cause

Cette sortie de deux membres du gouvernement vient en réponse à l’attitude des représentants des syndicats des enseignants anglophones qui au terme d’une rencontre de plus de quatorze heures de travail les 12 et 13 janvier dernier ont avoué que le gouvernement a cédé à la vingtaine de leurs revendications. Mais contre toute attente au moment de signer la levée du mot d’ordre de grève ont exigé un référendum sur le fédéralisme à Bamenda. Toute chose inacceptable pour le gouvernement qui n’entend pas brader l’héritage, fruit de rudes combats des pères fondateurs de la nation.

Le bras de fer continue donc et l’on espère qu’au nom de l’avenir des enfants, les uns et les autres parviendront à se mettre d’accord pour éviter une année blanche.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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