Cameroun – Revendications : Et si les anglophones voulaient eux-aussi le pouvoir ?

Les tenues du RDPC brûlées par des manifestants anglophones à Bamenda | Ph. Facbook/DR

Déjà plus d’un mois de tensions, déjà mille et une tentatives vers le retour au calme dans les régions anglophones. Mais chez les concernés on fait le sourd, l’aveugle et le muet.

Le gouvernement de la république n’a jamais autant été à l’écoute d’une franche de sa population engluée dans des revendications. La question anglophone tournée dans tous les sens est un devenue serpent de mer. Parti d’un mouvement d’humeur des avocats, qui demandaient une traduction en anglais des textes juridiques camerounais de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des Affaires (Ohada), ainsi que le code Cima, c’est depuis une confusion. Hier c’était le retour au fédéralisme, aujourd’hui plus rien. Que veulent donc les Anglophones.

Faux problème anglophone

En date du 24 novembre dernier, le ministre chargé de mission à la présidence de la république et non mois élite du Nord-ouest où est parti la contestation qui balayé argument à l’appui, la thèse d’un problème de marginalisation. Paul Atanga Nji, était l’invité du poste national de la Cameroon radio television (CRTV). Il comprenait mal la question de l’exclusion « Il ya 8 universités publiques au Cameroun, 3 sont dirigées par des anglophones, le directeur général des douanes est un anglophone, le directeur général du trésor est un anglophone. A eux seuls ils gèrent plus de 3 mille milliards de FCFA. Le premier ministre est chef du gouvernement. Et depuis 1992 c’est des anglophones » avait-t-il expliqué.

Solutions  

A propos de l‘indifférence, le ministre de la justice, garde des sceaux, Laurent Esso, a dénoncé ces accusations, non sans avoir reconnu quelques justesses dans les jérémiades des avocats anglophones « Le président de la république a donc décidé de remplacer les magistrats en causes par d’autres dont le profil est plus adapté à la fonction ».

Au lendemain de la première revendication estudiantine à Buéa, l‘autre région anglophone, le premier ministre prenait des actes sous hautes instructions du président de la république.   De l’octroi d’autre part d’une dotation de 2 milliards de FCFA au titre de subvention aux établissements publics laïcs et confessionnelles.  Et, enfin d’un recrutement de 1000 diplômés de l’enseignement supérieur pour soutenir le déficit d’enseignant.

De la récupération

Après une marche des parlementaires du principal parti de l’opposition-SDF à Bamenda, les camarades du chairman NI John Fru Ndi se sont déportés à Buéa, afin d’apporter leur soutien à la cause anglophone. C’était le 05 décembre dernier. Et comme il fallait s’y attendre, une délégation du rassemblement démocratique du Cameroun-RDPC, parti au pouvoir, a lui aussi organisé un meeting dans la capitale régionale du Sud-ouest. Meeting au cours duquel, le secrétaire général du RDPC, accusé les ennemis de la république du pouvoir de vouloir, depuis l’étranger, profiter des tensions à Buea et Bamenda pour déstabiliser le pays.

Au stade actuel, la situation est toujours incertaine, mais nul ne peut dire exactement l’objet des revendications si tant est que règne trop de confusions.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM