Cameroun – Réunions publiques : non à la modification clandestine de la constitution !

Kah Walla, cernée | © LNE
Kah Walla, cernée | © LNE

Les autorités administratives des capitales politique et économique du pays refusent de délivrer le récépissé de déclaration des réunions publiques ou des manifestions publiques aux partis politiques de l’opposition. Notamment ceux qui sont contre la modification de la constitution.

Le Cameroon People’s Party (Cpp) et le parti Univers ont déposé le lundi 4 avril 2016 et le mardi 5 avril 2016 des déclarations de manifestations dans les 6 arrondissements du département du Wouri et les 4 arrondissements du département du Mfoundi. Les réactions des autorités administratives ont été globalement négatives, selon la Présidente du Conseil National et présidente nationale du Cameroon People’s Party (Cpp) Kah Walla. Selon cette dernière, une personne se présentant comme étant le préfet du Wouri l’a appelée au téléphone, au sujet des manifestations déclarées « dans plusieurs arrondissements à la même heure », pour lui dire que son « groupe là Stand Up For Cameroon’ n’existe pas », « que tout s’est interdit ! ».

Fébrilité des autorités administratives

Kah Walla a envoyé un sms au numéro d’appel pour demander à la personne de s’identifier formellement en rappelant que toute communication de l’administration vers le Cpp doit se faire par écrit, la personne a raccroché. A Douala IV, le refus de recevoir la déclaration a été marqué par une attitude singulière de l’agent d’accueil qui aurait déclaré : « On ne veut pas de cette Kah Walla et de ses choses ici !». A Yaoundé I, dépôt effectué normalement, mais pas de récépissé délivré que prévu par la loi.  Yaoundé IV, dépôt effectué normalement, mais pas de récépissé délivré tel que prévu par la loi. A Yaoundé V, refus de recevoir la déclaration. Selon l’agent d’accueil, le Préfet du Mfoundi aurait laissé des instructions : « c’est lui-même qui gère les partis politiques. Il faut alors aller déposer à la Préfecture ! ».

Pour Edith Kah Walla, cette façon de faire « est contraire à la loi. A ce qu’il parait, Yaoundé V a reçu une instruction qui n’a pas été donnée à Yaoundé I et IV. Pourquoi ?», s’est-elle interrogée. L’objet des déclarations de manifestations de ces partis vise à permettre aux Camerounais qui le souhaitent d’exprimer leur opinion politique sur les services de base au Cameroun : l’eau, l’électricité, l’emploi, etc. Mais aussi à ceux et à celles qui souhaitent « dire non à la modification clandestine de la constitution du Cameroun ». Et qui revendiquent la liberté de se réunir et de se regrouper en toute quiétude : « Face à l’illégalité de l’administration camerounaise, les partis Cpp, Mrc, Upc des Fidèles et Univers informent tous ceux et celles qui sont membres ou qui souhaitent rejoindre l’initiative Stand up for Cameroon que le port du Noir est absolument essentiel pour le vendredi 8 avril !», a indiqué Mme Kah Walla.

Habits noirs … De quoi ce régime a-t-il si peur ?

Avant d’ajouter : « Personne n’a le droit de vous inquiéter pour la couleur de vos habits. Portez fièrement votre Noir et revendiquez le droit de vivre avec de l’eau potable, l’électricité, la santé publique, l’emploi, etc. dans votre pays ! En dehors d’une interdiction formelle des autorités administratives les rencontres se tiendront telles que prévues par la loi dans chaque arrondissement de 11h à 13h. En dépit d’une interdiction formelle des autorités administratives, nous allons continuer à informer et sensibiliser les citoyens et citoyennes camerounais sur les principaux enjeux de la vie de la Nation. Toutes et Tous débout !!! Pour notre cher et beau Cameroun », a souligné déclaré Edith Kah Walla.  C’est face à ces attitudes que les partis Cpp, Mrc, Upc des Fidèles et Univers se sont posé des questions.

Des questions pertinentes et embarrassantes : « Que faut-il faire finalement pour tenir une réunion publique en tant que parti politique au Cameroun ? Vous ne déclarez pas, vous finissez avec l’eau et le gaz lacrymogène puis en cellule. Vous déclarez, vous êtes face à une fin de non-recevoir. Notre administration est-elle devenue folle ? Comment peut-elle de manière aussi flagrante et cavalière transgresser la loi ?  De quoi ce régime a-t-il si peur ? De ses échecs, ses contradictions et son incapacité totale à satisfaire le moindre besoin de ses citoyens ? ». Le Cameroun est signataire de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Les actes et comportements des autorités administratives mettent en difficulté le Cameroun. Cette charte consacre l’engagement des Etats parties à promouvoir la démocratie, l’État de droit et les droits de l’Homme. On ne peut pas promouvoir la démocratie en violant les libertés publiques dont les libertés d’association, de réunion et de manifestation. La charte promeut aussi le pluralisme politique, la tenue d’élections transparentes, libres et justes. Ainsi que la séparation des pouvoirs.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Edmond Kamguia K.

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1 Commentaire sur "Cameroun – Réunions publiques : non à la modification clandestine de la constitution !"

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Augustin Essengue
Quand on observe le climat sociopolitique du Cameroun, on est obligé d’analyser. Les analyses que nous sommes obligées de faire partent du constat social et de l’observation des faits sociaux et politiques. Depuis qu’il a élu domicile dans la société camerounaise, le phénomène biko haram a désorienté la trajectoire politico gouvernante des autorités administratives du pays. Boko haram semble donner une certaine légitimation à la politique du chaos qui met le pays en danger. Le verrou politique instauré par les autorités camerounaises sur les formations politiques d’opposition semble donc légitimer les dérives vers l’État militaire avec ce que Jean François… Read more »
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