Cameroun : Les réseaux sociaux rendent hommage à Jean Miché Kankan 20 ans après son décès

Jean Miché Kankan | Ph. Archives

Des messages du genre : « Adieu l’Artiste… », « Tu resteras éternel », « tu es à jamais marqué dans nos cœurs », « tes œuvres nous font toujours exploser de joie », « il n’y en a pas eu deux et il n’y en aura jamais », CAMERPOST en a lu sur les réseaux sociaux hier lundi le 13 février 2017. Jour qui a marqué les 20 ans d’anniversaire du décès de Jean Miché Kankan. Le Cameroun s’est souvenu de lui. Cet unique personnage dont le look artistique ne passait pas inaperçu. L’incohérence vestimentaire et la barbe envahissante n’étaient nullement un signe d’inattention mais, de prime abord les éléments déclencheurs du rire. Un rire visiblement pas oublié ainsi que l’homme au talent immuable.


Sous d’autres cieux on aurait pérennisé d’idole. Lui qui a été l’inspirateur des dizaines d’humoristes africains. Un prix en sa mémoire lors des multiples cérémonies culturelles de récompense organisées chaque année dans notre pays, ou encore une stèle digne de ce nom,  constitueraient à coup sûr une reconnaissance du talent du plus grand humoriste africain de sa génération. Mais rien n’est fait, outre l’hommage rendu sur les réseaux sociaux. Ni par les promoteurs culturels, ni par le gouvernement garant de notre patrimoine culturel.


Pour mémoire, Jean Miché Kankan – Dieudonné Afana Abecon de son vrai nom – est né en 1956. Il est originaire du village Nkom par Akonolinga situé à 120 kilomètres de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Professeur de français dans le secondaire, il abandonne cette fonction pour travailler comme fonctionnaire à la radiodiffusion télévision de son pays. Les débuts ne furent cependant pas faciles. Le public était peu réceptif au style de l’artiste. « Je n’étais qu’un petit enfant qui a fait ses débuts dans un genre théâtral mon affaire fut floue. Mes premiers spectacles étaient à 10 F CFA l’entrée ? », déclarait l’artiste quand on lui demandait de raconter ses débuts sur les planches.


Mais au fil du temps, Jean Miché Kankan a su imposer son style et faire passer son message. La fille du bar, Maladie d’amour, les bonbons alcoolisés et l’élève international sont autant d’œuvres à travers lesquels Jean Miché Kankan a et continue d’égayer le quotidien des Africains.  La profondeur des textes de l’artiste interpellait la société sur des problèmes comme la polygamie, la consommation abusive de l’alcool, les tracasseries policières, la corruption etc.  Des maux qui consument le pays vingt ans après sa disparition. Il avait prédit.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa