Cameroun : Reprise des travaux de l’autoroute Kribi – Edéa

La commune de Kribi 1er a libéré les engins de l’entreprise CHEC qui a par ailleurs payé une partie des primes réclamées par ses employés.

C’est une couche épaisse de poussière, soulevée par des camions transportant des granulats qui accueille le visiteur à l’entrée de la carrière d’Eboudja. Les vrombissements des engins ne facilitent pas la communication. D’ailleurs, d’un bout à l’autre du chantier, ingénieurs, ouvriers, manœuvres et tâcherons sont chacun concentré sur son travail. Le site, qui a passé 14 jours sans bruit, a repris vie. A Lendé, un compacteur et des niveleuses sont en action. Toutes les dix minutes, un groupe de techniciens supérieurs de China harbour engeering compagny (CHEC) passe pour s’assurer de la qualité du travail fait. A Mabenanga, où se construit le nouveau pont sur la Lobé, le petit village a renoué avec l’ambiance. Les travaux de l’autoroute Kribi-Edéa ont effectivement repris.

Les 21 camions de CHEC retenus par la mairie de Kribi 1er pour non-paiement de la taxe sur le transport des produits de carrières, ont été libérés le 22 décembre dernier. Après des négociations entre l’entreprise CHEC et la Commune de Kribi 1er, sous l’encadrement des autorités administratives, il en ressort que l’Etat du Cameroun, par le biais du ministère des Travaux publics, maître d’ouvrage de l’autoroute Kribi – Edéa, va payer les 756 millions de F relevant de la taxe de transport des granulats, réclamés par la commune. « Dans son contrat avec le gouvernement camerounais, CHEC est exonérée de toutes les taxes. Quant aux taxes locales, elles sont payées par le maître d’ouvrage », a précisé le préfet de l’Océan, Antoine Bisaga. Cependant, l’entreprise CHEC a eu à payer à la mairie sept millions de F de frais de fourrière.

« CHEC doit continuer les travaux. L’autoroute est au profit de tout le monde. Mais dans le cadre de la décentralisation, il était important que notre commune réclame la taxe locale », se défend le maire de Kribi 1er, Yves Martial Madiba. Chez les ouvriers de CHEC, c’est également la reprise. Ce, après 14 jours de grève. Chacun est passé à la caisse le 23 décembre pour percevoir une première partie, 75 000 F au titre des arriérés de primes de transport et de logement. Le 29 décembre 2016, ils repartiront pour décaisser 50 000 F chacun. CHEC s’est engagée au cours d’une réunion de crise tenue le 20 décembre dernier à Yaoundé, à régler à chaque employé, selon l’effectif du mois de novembre 2016, une somme forfaitaire de 125 000 F pour les arriérés de primes en question.

Il ressort également de cette réunion de Yaoundé que CHEC construira des logements décents et délivrera des bulletins de paie à son personnel. Les travaux de la première phase, longue de 38 km, devraient s’achever en décembre 2017.

Source : © Cameroon Tribune

Par Pierre Rostand ESSOMBA

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