Cameroun – Rentrée scolaire 2017-2018 : panorama des sources de financement

La fin des vacances pointe à l’horizon. Et si pour certains, il faut penser à quels contenus mettre dans le sac du vacancier, pour d’autres par contre, il faut déjà penser à garantir une place dans un établissement convenable à son enfant dès la rentrée prochaine. Nous avons ainsi interrogé quelques parents pour savoir comment est-ce qu’ils se préparaient pour la rentrée scolaire et quelles étaient leurs sources de financement ? Voici quelques avis.

Cameroun – Rentrée scolaire 2017-2018 : panorama des sources de financement
Photo : Agora Vox

1 – Les tontines

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette source de financement est abondamment exploitée par les parents à la veille de la rentrée des classes. Les tontines sont des réunions de petits groupes d’individus (appartenant à un même corps professionnel, géographique ou culturel) fonctionnant sur un principe peu variable.

Chaque membre du groupe cotise un montant (ex. : 10.000 frs), à une fréquence donnée, arrêté de commun accord. L’argent collecté est ensuite reversé à un ou plusieurs membres de la même réunion avec l’obligation pour celui (ceux)-ci de rembourser en plusieurs tranches et en fonction d’un taux (généralement 10%).

L’avantage avec cette source de financement est qu’elle est rapide, fiable et efficace. En effet, si une réunion par exemple compte 50 membres, et que chacun cotise 10.000 frs, on se retrouve facilement avec un demi million. En revanche, il faut d’abord la confiance du groupe… Car, il arrive qu’on ait à faire à des personnes mal intentionnées. D’où l’importance d’appartenir à une même sphère professionnelle ou culturelle. Ça réduit au maximum ces comportements, car ici, « tout le monde connait tout le monde ».

Rappelons enfin que pour certaines tontines, avant tout prêt, l’emprunteur a l’obligation de dire à quoi servira l’argent. Ainsi, il arrive que cet argent bien géré puisse permettre de commencer ou de finaliser un projet immobilier. Les tontines sont présentes partout : dans les réunions familiales annuelles, dans des lieux de services, dans des marchés, dans des concessions, etc.

2 – Les banques et micro finances

De nombreux parents appartenant à la classe moyenne optent pour cette voie. Ils sont salariés mensuels et plus généralement des fonctionnaires. Ils ont donc une garantie de remboursement du crédit, à la banque ou la micro finance sollicitée. À la veille de la rentrée des classes, de nombreuses banques et autres structures de finance, utilisent des moyens de séduction auprès des parents, garantissant parfois du crédit en 24 heures. Le danger ici se trouve plus au niveau du taux d’intérêt (souvent très prohibitif) et des clauses généralement mises en forme en de petits caractères à peine lisibles. Avant de s’empresser de signer tout document, il est souhaitable d’interroger l’agent sur tous les contours liés au contrat pour ensuite s’engager en toute connaissance de cause.

3 – La petite caisse mobile

Même si elle semble disparaitre de plus en plus dans les habitudes des populations surtout avec l’expansion du numérique (et de ses opportunités), certains parents restent traditionnalistes. Ils affirment avoir une caisse ou un coffre-fort dans lequel est rangé de l’argent. Cette monnaie est cotisée à de fréquences variables (en fonction « du gombo »). Quelques fois, ce sont les femmes et épouses qui prennent le soin de rogner la ration journalière pour mettre de côté, attendant le Jour-J. Car, disent-elles ; « on ne sait jamais… »

Une tranche de la population, elle, affirme garder cet argent dans des comptes mobiles.

Rappelons que cette source de financement est beaucoup utilisée par les jeunes scolarisés, qui ont effectué un stage de vacances rémunéré ou encore toute autre activité génératrice de revenus. Ils s’en servent notamment pour la conservation de leur argent avec pour finalité, une réutilisation le moment venu.

4 – Les dons et récompenses

Étant certes très peu nombreux, quelques parents nous ont affirmé ne point s’inquiéter pour la rentrée de leurs enfants et pour cause, ceux-ci, très brillants ont reçu des dons de manuels scolaires et parfois de fortes sommes d’argent pour « encouragement ». Dans ce cas, non seulement le parent est heureux de la réussite de son rejeton, mais aussi, il est soulagé par la bourse de la rentrée, qui devient légère et parfois nulle.

 

Par Ulrich Talla Wamba
Cette note a été publiée récemment sur Starter.cm

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz