Cameroun : Le Redhac réclame la libération de 5 citoyens interpellés dans le cadre du mouvement anglophone

Le Redhac réclame la libération de 5 citoyens interpellés dans le cadre du mouvement anglophone | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) était face à la presse il y a deux jours. Revenus de la capitale politique où se déroule le procès opposant le Ministère public aux personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone, les membres du réseau en question se prononcent. Ils estiment que, outre les leaders à savoir Me Félix Agbor-Balla, Dr Fontem Aforteba’a Neba, Mancho Bibixy alias BBC, tous incarcérés à la prison centrale de Kondengui, il y a 5 autres dont on n’en parle pas. « Il s’agit de dame Che Saphwra Lum (résidant à Bamenda et la seule à comparaître libre), Elvis Ndzan Yuy, Elvis Tatah, Veranso Stephen, Penn Terence, tous ces quatre, habitant eux aussi à Bamenda, mais en détention à la prison centrale de Kondengui », apprend CAMERPOST de la Directrice exécutive du Redhac, Maximilienne Ngo Mbe.

 Violences juridiques et judiciaires

Elle note que n’étant pas connus du public et ne bénéficiant pas des mêmes traitements sur le plan médiatique national, régional, et international, ces cinq derniers cités « pourraient même être fusillés sur la place publique. Nous constatons que les prévenus ont été kidnappés de par le même mode opératoire. Une voiture vient spécialement avec des envoyés spéciaux de Yaoundé pour procéder aux arrestations sans que le Gouvernement qui représente l’Etat ne soit informé de cette délégation », gronde le Redhac pour qui : « il s’agit des enlèvements, des séquestrations et embastillements purs et simples. Nous allons faire entendre nos voix contre toutes ces dérives ».

Face à ce qu’ils appellent « violences juridiques et judiciaires », les défenseurs réunis au sein du Redhac annoncent la mise en place d’un groupe d’action au niveau national, régional et international pour exiger : la libération sans conditions de tous les prévenus ; le réexamen de la loi portant « répression des actes de terrorisme au Cameroun » ; « l ’arrestation et la traduction devant la justice des agents de la police, de sécurité et les forces de défense en l’occurrence le Bataillon d’intervention rapide (Bir) qui ont utilisé la force disproportionnée. Un Etat de droit ne peut devenir un Etat de force », dixit les acteurs de la société civile.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa