Cameroun – Questions d’actualité : L’implication des partis politiques

Maurice Kamto à Bafoussam, le 21 novembre 2015. | © MRC
Maurice Kamto à Bafoussam, le 21 novembre 2015. | © MRC

Aurait-il fallu la guerre contre la secte islamiste pour voir les partis politiques camerounais, toutes tendances confondues se déployer sur le terrain en dehors des canaux qui leur sont jusqu’ici connus ? Le déclenchement de cette guerre qui oppose nos forces de défense et de sécurité contre Boko Haram a, en effet, amené les partis politiques à se mettre en exergue. Pour le bien des forces de défense camerounaises, d’abord. Même si l’on ne peut manquer de relever que cette mobilisation n’est pas sans effet sur le souci de ces formations politiques d’améliorer leur image vis-à-vis de l’opinion camerounaise. Difficile, cependant, de ne pas voir dans les différentes descentes opérées sur le terrain, des opérations de communication qui visent à donner une certaine visibilité à l’action de nos hommes et femmes politiques, eux que l’on a souvent « accusés » de rester indifférents aux grands sujets de l’actualité. On sort ainsi de la politique politicienne.

Du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au Cameroon People’s Party (CPP), en passant par le Social Democratic Front (SDF), l’Union nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), l’Union démocratique du Cameroun (UDC), l’Union des Populations du Cameroun (UPC), Croire au Cameroun (CRAC), le Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), le Mouvement Démocratique pour la Défense de la République (MDR), le Mouvement Citoyen (le MOCI)…, on les a vus se déployer chacun à sa manière dans le cadre de la lutte que mène notre pays contre la secte islamiste.

Pour le lancement des festivités marquant la célébration de son 30e anniversaire, le 24 mars 2015, le secrétaire général du Comité central du RDPC, Jean Nkuete, avait choisi le chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord. Il n’y est pas allé les mains vides. Il y a remis une importante quantité de denrées alimentaires. Comme le parti au pouvoir, d’autres formations politiques ont apporté leur assistance aux victimes de la guerre contre Boko Haram. C’est ainsi que lors de sa visite aux soldats blessés et internés à l’Hôpital militaire de Yaoundé, le Chairman du Social Democratic Front, John Fru Ndi a fait de même. Le député UNDP du Diamaré, Hamadou Adji avait fait de même.

D’autres comme l’UDC d’Adamou Ndam Njoya, le CPP d’Edith Kah Walla, l’UPC de Basile Louka, Maurice Kamto du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et autres certains autres sont descendus sur le terrain pour soutenir les forces de défense et de sécurité qui y sont déployées. Ainsi, les politiques camerounais ont choisi de monter d’un cran dans leur manière de communiquer. Car il faut bien le relever, au-delà du sentiment de solidarité nationale affichée à travers ces différents actes, nos politiques ont décidé de soigner leur image. Ainsi, l’on ne se limite plus simplement aux critiques des actes du pouvoir en place. L’on n’attend plus simplement de recevoir les médias pour communiquer sur certains actes de la vie nationale. Bref, l’on sort de la critique pour la critique, même s’il faut reconnaître avec Mathias Eric Owona Nguini qu’il y a encore beaucoup à faire pour améliorer la communication politique dans notre pays. Il faut néanmoins admettre que les principaux sujets de l’actualité nationale laissent très peu indifférents désormais nos hommes et femmes politiques. Ainsi, ils n’hésitent plus à monter au créneau. L’on a désormais compris ici que la communication est un outil fondamental du jeu politique et qu’elle est devenue un rouage incontournable de la stratégie politique. Au Cameroun, la communication politique semble désormais revêtir une réelle importance, tant elle participe à l’information du public, afin de l’amener à adhérer à ses idées ou au rejet des autres. Pour communiquer, on sort désormais des vecteurs traditionnels connus jusqu’ici à l’instar des meetings politiques, des réunions, des débats télévisés, même si l’on profite des différents espaces qu’offrent les médias pour communiquer sur les sujets liés à l’actualité. On tend néanmoins de plus en plus à s’impliquer. Nos politiques ont sans doute compris tout l’intérêt qu’ils ont à tirer en s’intéressant aux sujets liés à la vie de la Nation et à donner leurs avis sur l’évolution de notre société. Pour cela, les médias, toutes tendances confondues peuvent aussi être de bons relais.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jean Francis BELIBI

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz