Cameroun – Quartier Nkolmintag à Douala : plus de 50 maisons détruites

Une vue du quartier Nkolmintag à Douala | © CAMERPOST / Linda Mbiapa
Une vue du quartier Nkolmintag à Douala | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

Les populations de cette localité de New-Bell sise dans l’arrondissement de Douala 2ème broient du noir depuis une semaine.

La mine sombre. Les regards hagards. Les mains sur la tête en signe de désespoir. Ainsi peut-on décrire l’attitude des victimes des déguerpissements du quartier Nkolmintag dans la cité économique. Un reportage effectué ce lundi 11 janvier 2016 en dit long sur les misères des concernés. « Les casses ont commencé il y a une semaine. Toutes les concessions construites pour la majorité en matériaux définitifs ont été réduites en poussière. Aucun mot sur un quelconque recasement », soulignent des riverains occupés à fouiller les décombres pour récupérer des objets susceptibles d’être utilisés à nouveau. Notamment des planches, ferrailles, tôles, clous, pierres…L’ambiance joviale qui régnait jusqu’ici dans cette partie de la ville occupée en général par les Bamilékés a cédé la place à une atmosphère de deuil. « Nous ne savons pas où aller avec les enfants qui fréquentent.

 En ce moment, nous essayons de nous refugier dans un angle de la demeure, ça c’est pour ceux dont les domiciles n’ont pas été entièrement cassés. Ce n’est pas évident vu que nous sommes exposés à l’insécurité et aux intempéries liés à la saison sèche à savoir la poussière », psalmodient les compatriotes. Plus loin, des génitrices avouent être plus que jamais exposées aux piqûres de moustiques : « c’est grave, le robinet de mon voisin de droite a été cassé sous les assauts des Caterpillar, conséquence, l’eau coule  désormais sur la route formant blocs. On ne peut plus circuler et cette situation favorise les piqûres de moustiques. En saison de pluie qui arrive, si rien n’est fait, nous souffrirons le martyr ».

A la question de savoir si elles ont été prévenues des casses, les populations du quartier Nkolmintag répond par l’affirmative. « La Mission d’Aménagement et d’Equipement des terrains urbains et ruraux (Maetur) a passé le message des mois avant le 4 janvier dernier. Ensuite, les cadres ont de nouveau fait une descente sur les lieux et après avoir passé la peinture rouge sur les maisons, ont donné 72h aux occupants pour quitter les lieux », mentionnent les riverains qui renchérissent : « la phase communication et sensibilisation a été effective, seulement nous déplorons le fait que ce n’est pas tous qui vont être recasés. Une partie le sera à la zone de recasement à Douala 3ème et une autre n’a pas été prise en considération. Voilà le seul hic ».

Les interlocuteurs informent de ce que l’objectif des casses est la construction des routes. Créée par décret le 23 juin 1977, la Mission d’Aménagement et d’Equipement des Terrains Urbains et Ruraux est un établissement public à caractère commercial doté de l’autonomie financière placé sous l’autorité administrative du Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (Mindcaf). Son rôle principal est l’aménagement des terrains en vue de les proposer à des acquéreurs et ce, sur toute l’étendue du territoire national. Que ce soit par ses ingénieurs propres ou ceux des partenaires, la Maetur étudie et réalise les infrastructures d’assainissement dans les quartiers existants, s’occupe du drainage et la création des voiries.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa