Cameroun – Puces électroniques : Quand les vendeurs ambulants défient le PM

Bien qu’interdite, la commercialisation des Sim continue de prospérer | Illustration/DR
Bien qu’interdite, la commercialisation des Sim continue de prospérer | Illustration/DR

Bien qu’interdite, la commercialisation des Sim continue de prospérer à Douala.

Que ce soit au marché Madagascar, à Terminus St Michel ou encore au lieu-dit Dubaï à Akwa, les puces électroniques continuent de circuler. Les vendeurs ambulants poursuivent leurs activités en dépit de la chasse menée par l’Agence de régulation des télécommunications (Art) conjointement avec le Premier Ministère. Le contrôle draconien annoncé ce lundi 21 décembre 2015 n’a pas ébranlé les commerçants concernés. «De deux choses l’une : plutôt que de voler, nous préférons vendre des puces. C’est une façon décente et honnête de gagner sa vie. Où est le problème ? Le taux de chômage est élevé au pays. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous débrouiller de la sorte », soutiennent quelques vendeurs interrogés dans les artères de la métropole économique. Ils affirment ne pas craindre des représailles : « croyez-vous que du jour au lendemain, la vente des puces électroniques va disparaître ? N’oublions pas que cela rapporte également aux opérateurs de téléphonie mobile. Voilà la réalité. Au Cameroun, tout est fait pour que l’anormal soit normalisé. A qui la faute ? ».

Du côté des sociétés de téléphonie mobile, on révèle que tout a été fait pour sensibiliser les clients et les encourager à se faire identifier. Et par ricochet à cesser d’acheter les puces non identifiables dans les rues. « Nous avons respecté les ordres du Premier Ministre en multipliant des points de ventes des puces électroniques considérés comme nos partenaires commerciaux et qui sont connus », font savoir Orange, Mtn Cameroun, Nextell. « C’est pourquoi, pour la reconduction des puces de l’opérateur Mtn par exemple, il y a désormais des partenaires dans plusieurs coins de la ville. Il y en a en face de l’Institut Français. Ce n’était pas le cas avant », ajoute le personnel de Mtn Cameroun. Rappelons que le 3 septembre 2015, le Premier Ministre a signé un décret qui a abrogé les dispositions de l’ancien décret datant de 2012 et qui a porté sur la commercialisation des puces électroniques. « La vente ambulante des puces est désormais interdite et les opérateurs devront mettre sur pied des points de vente qui pourront être considérés comme leurs partenaires commerciaux qui doivent être connus », précisait voilà plusieurs semaines Thomas Marcellin Manyanye, sous-directeur des systèmes d’information à l’Agence de régulation des télécommunications.

La même note ministérielle donnait 60 jours, c’est-à-dire deux mois à partir de sa date de signature, aux retardataires, pour se faire identifier. Passée la date limite, soit le 3 novembre dernier, «les abonnés qui n’ont pas eu à se faire identifier correctement verront leurs puces désactivées. Autrement dit, ils ne seront plus accessibles dans le réseau. La réactivité ne sera possible que s’ils se rapprochent de l’opérateur de téléphonie chez qui ils sont clients», avait-il été indiqué. Malheureusement, jusqu’ici non seulement la vente ambulante des puces fait la résistance, mais aussi on trouve encore des puces non identifiées qui demeurent non désactivées, selon quelques clients.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Linda Mbiapa, stg