Cameroun – Protection de l’environnement : Problématique des emballages plastiques quatre ans après

Problématique des emballages plastiques quatre ans après | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo / Illustration
Problématique des emballages plastiques quatre ans après | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo / Illustration

Il ya exactement quatre ans que l’Etat mettait sur pied la loi sur la réglementation des emballages plastiques. Mais, le plastique non autorisé continue de courir.

Plus qu’un peu plus de trois semaines et la ville de Marrakech sera le centre du climat mondial. La COP 22, du 7 au 18 novembre prochain au Maroc, entre dans la continuité des accords de la COP 21 de Paris de l’année dernière sur le dérèglement climatique. Au-delà des points généraux à débattre, chaque pays fait face à des problématiques locales allant dans le sens de la réduction du réchauffement climatique à 2°C maximum, d’ici la fin du 21ème siècle. Au Cameroun c’est presque un combat d’usure entre les pouvoirs publics et les populations. Ces dernières, sont décidées à ne pas lâcher l’emballage plastique, vecteur d’énormes problèmes écologiques.

La cacophonie

La charrue a été mise avant les bœufs. Elie vend les fruits dans la ville de Yaoundé « c’est plus cher sur le marché. Avant, on achetait le paquet de 100 plastiques blancs à 100 FCFA à l’heure actuelle on débourse 300 FCFA, et 100 unités du plastique noir au prix de 100 FCFA, devenu 600 FCFA. Pourquoi nous interdire l’ancien emballage d’autant plus que le nouveau emballage n’est pas visible sur le marché ».

En face, l’on parle d’une question environnementale. Un responsable du bureau des inspections et des évaluations environnementales au Ministère camerounais de l’environnement explique : «le plastique cause des innondations parce que quand il se trouve dans la nature, il bouche les caniveaux. Et, à l’intérieur de ces emballages de l’eau y stagne. Cette eau constitue des niches aux anophèles vecteurs de paludisme. Dans la partie septentrionale du pays, les ruminants qui les consomment en meurent parce qu’ils ne peuvent pas les digérer »  

Pomme de discorde

C’est conjointement le 24 octobre 2012 que les ministères de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable et du commerce arrêtait la réglementation des emballages plastiques non biodégradables

« Sont interdits, la fabrication, l’importation, la détention et la commercialisation ou la distribution à titre gratuit des emballages plastiques non biodégradables à basses densité inférieure ou égale à 60 microns d’épaisseur (1 micron vaut 1/1000 mm) ainsi que les granulés servant à leur fabrication ».

Le plastique ne veut pas disparaitre

Mais, problème à l’époque, la disponibilité de la nouvelle marque. 18 mois après, c’était la phase de la répression.  24 mois après la date butoir, la répression ne fait pas fléchir. Le plastique tout court est présent ici et rare ailleurs. Le dénominateur commun, c’est que l’emballage plastique est toujours là. A l’époque les fabricants avaient demandé du temps pour se conformer. Le temps de la conformité est si élastique qu’on se perd en conjecture.

Le Cameroun, ira à Marrakesh, pour discuter des grandes problématiques, peut-être faudra t-il chercher à savoir auprès des autres Etats, comment le phénomène a pu être combattu.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM