Cameroun : Les propos controversés du président de la CAF et l’économie en couverture des journaux

La récente sortie du président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, affirmant que le pays n’était pas en mesure d’accueillir la prochaine édition à 24 équipes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de la discipline en 2019, mais aussi la polémique sur les nouveaux tarifs appliqués par les opérateurs de téléphonie mobile sur les transferts d’argent, tenaient le haut de l’affiche dans les journaux camerounais parus mardi.

Cameroun : Les propos controversés du président de la CAF et l’économie en couverture des journaux

L’engouement des publications, pour le premier sujet cité, semble dicté par la cinglante réplique, sous forme de mise au point, publiée la veille par le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Tombi à Roko.

Alors que le Cameroun s’active à se conformer au nouveau cahier de charges imposé par le comité exécutif de la CAF le 20 juin 2017 à Rabat, au Maroc, le président de cette instance, Ahmad Ahmad, animé de mauvaise foi, vient d’être recadré par la partie camerounaise, constate InfoMatin.

C’est la réponse du berger à la bergère, renchérit The Guardian Post qui ironise sur un «coup franc direct» de Tombi à Roko à Ahmad Ahmad, qui se pose désormais en justicier contre le pays de Roger Milla, l’un des plus grands footballeurs de tous les temps du continent.

Entre le Cameroun et la CAF, c’est désormais le temps des représailles, analyse Mutations qui révèle que le bureau de la Confédération à Yaoundé, la capitale, ouvert par le prédécesseur de Ahmad Ahmad, le Camerounais Issa Hayatou, a été scellé sur ordre du siège au Caire, qu’une chasse aux sorcières a été ouverte par les mêmes au niveau du Centre technique confédéral à Mbankomo, dans la périphérie de la ville alors que la date de la première mission d’évaluation des préparatifs vient, pour sa part, d’être modifiée par le Malgache «sans préavis».

Il y a «du harcèlement dans l’air» concernant l’organisation de cette compétition, convient le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune : les déclarations indignées du président de la CAF, couplées à un curieux empressement à remettre en appréciation les réformes récemment adoptées dans le processus d’organisation de la CAN, sont des signe d’un agenda caché.

Finalement, le Cameroun, tel que c’est parti, va-t-il perdre l’organisation de la CAN 2019 ? s’interroge pour sa part La Nouvelle Expression qui voit, à travers la posture de Ahmad Ahmad, un dérapage contrôlé visant à préparer l’opinion publique à un coup qu’il semble mijoter depuis des mois.

A cheval entre l’économie et le social, Cameroon Tribune évoque des «prix qui fâchent» et un «malaise réel», concernant les derniers réajustements des frais d’envoi et de réception d’argent opérés par les sociétés de téléphonie mobile.
«Le succès grandissant de ce mode de transfert d’argent semble avoir suscité des appétits. Les opérateurs se sont engouffrés dans le filon et, méthodiquement, amènent les utilisateurs de leur service à payer un peu plus cher.»

C’est le «grand micmac du transfert électronique», souligne InfoMatin dans un dossier de quatre pages, dénonçant la «violation flagrante et à ciel ouvert des textes en vigueur», les nombreux conflits émaillant l’activité de transfert électronique d’argent, «le courroux des usagers» et déplorant le laxisme des autorités, via les organes de régulation de l’activité.

© CAMERPOST avec APA