Cameroun – Promotion du bilinguisme et du multiculturalisme : Comprendre la constitution de la commission créée par Paul Biya

Le président camerounais Paul Biya | © AFP PHOTO / REINNIER KAZE

Le 15 mars dernier, le président de la République, SEM Paul Biya a nommé les membres de la très attendue Commission de promotion du bilinguisme et du multiculturalisme au Cameroun, Commission créée le 23 janvier 2017, au plus fort des remous sociaux et anicroches observés dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, depuis le mois de novembre 2016. Chose promise, chose due, tout est allé très vite, sous les gouaches d’une célérité exceptionnelle à la dimension de l’urgence de la problématique anglophone. Le chef de l’Etat n’a pas traîné. En moins de deux mois, il a donné des visages aux postes proposés en janvier. Ont été nommés par le président de la République, l’ancien Premier ministre, Peter Mafany Musonge qui fait office de président de ladite Commission. Il est secondé au poste de vice-président par un homme d’expérience sur les questions de rixes et d’intégration nationale, Oumarou Djika Saïdou.

Les autres membres ont été puisés dans la diversité culturelle, ethnique et linguistique représentative du Cameroun tout entier. Des anciens ministres de la République figurent dans le gotha restreint des membres de cette Commission que l’on jugera bientôt au pied du mur. Il s’agit d’Ama Tutu Muna, l’ancienne ministre des Arts et de la Culture ; Benjamin Itoé, magistrat hors hiérarchie lui-aussi ancien ministre, au même titre que David Abouem à Tchoyi, qui fut autrefois ministre, secrétaire général de la présidence de la République… Pour le reste, et sans qu’ils soient les moins valeureux de la troupe, on retrouve allègrement des universitaires de haut vol comme Samuel Efoua Mbozo’o qui fut autrefois secrétaire général de l’Assemblée nationale, et actuel doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’université de Douala au moment de sa nomination.

On remarque sans peine les présences de Mme Djanabou Bakary, enseignante au département d’Histoire à l’université de Maroua, tout autant qu’Amadou Mohamadou Baba, enseignant d’université lui-aussi, ainsi que Mme Françoise Ndanga Angouing, sans oublier les membres de la société civile comme George E. Ngwane, Jean Marc Afesi Mbafor le jeune et dynamique président du Conseil national de la Jeunesse du Cameroun, tandis que le barreau camerounais est représenté par l’intrépide Me Nicodemus Halle. Vu le caractère syncrétique qui sous-tend ce genre de Commission les Eglises ont un digne représentant dans notre contexte de laïcité en la personne de l’abbé Jean Marie Bodo. Last but not the least, on retrouve les traces d’un haut commis de l’administration en la personne du Pierre Vincent Ngambo Fondjo, l’actuel secrétaire général du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative. Le quorum est atteint. C’est moins que l’on puisse dire, en attendant la désignation dans les tout prochains jours, du futur secrétaire général de ladite Commission.

La commission porte en elle l’espoir de l’unité nationale

Nommés pour un mandat de 5 ans, renouvelable, les membres de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme sont chargés de soumettre à l’appréciation du président de la République et au gouvernement, des rapports et avis au sur les questions sensibles se rapportant à la protection et à la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme au Cameroun. Ils ont également pour charge d’assurer le suivi de la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles faisant de l’anglais et du français deux langues officielles d’égale valeur, notamment dans la proportion égalitaire de leur usage dans tous les services publics du pays et dans nos différentes représentations à l’extérieur, leur insertion d’égale valeur dans les communiqués et l’insertion au journal officiel, l’usage des deux langues est résolument obligatoire dans les organismes parapublics ainsi que dans tout organisme recevant des subventions de l’Etat.

La Commission ainsi créée par le président Paul Biya doit aussi mener toute étude ou investigation et proposer toutes mesures de nature à renforcer le caractère bilingue et multiculturel dans notre pays. Voila qui est bien clair au niveau des attributions, et pourtant, nonobstant la clarté des textes et l’identité des promus une certaine polémique se fait jour dans le landerneau politique national. Comme c’est très souvent le cas en pareille circonstance, une vive polémique sous-tend la désignation des membres des commissions mises sur pieds par le chef de l’Etat. Il va sans dire que les hommes et les femmes nommés par Paul Biya ne sont pas des parachutés qui sortent du néant et au gré du hasard. Que non ! La Commission compte des dinosaures de la politique et des questions éthiques et ethniques. Chacun des membres est à sa place dans cette commission paritaire et salutaire.

Les membres ont été désignés par trois décrets du chef de l’Etat qui leur rend hommage en même temps pour le travail effectué par chacun d’eux et qui leur a valu le choix au premier bureau de la Commission. Tout est fin prêt, on attend plus que les fruits du travail escompté.

Par Oumarou Darga,

politologue à Maroua

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