Cameroun : le programme d’investissements publics « sera de plus en plus difficile à maintenir », selon la Banque mondiale

Le siège de la Banque mondiale à Washington, Etats-Unis. | © Wikimédia
Le siège de la Banque mondiale à Washington, Etats-Unis. | © Wikimédia

Le programme ambitieux d’investissements publics du Cameroun «sera de plus en plus difficile à maintenir», en dépit de résultats encourageants mais été insuffisamment tirés par le secteur privé, selon la dernière note de conjoncture de la Banque mondiale (BM).

La croissance camerounaise s’est certes renforcée ces dernières années et le pays a fait preuve de résilience vis-à-vis de la crise des prix du pétrole, et la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est accélérée, passant de 4% en 2011 à 6,2% en 2015, un rythme qui devrait se maintenir au moins jusqu’en 2018, reconnaît l’institution financière dans un document intitulé : «Cameroun : créer des opportunités de croissance inclusive et de réduction de la pauvreté».

La perspective d’une nouvelle augmentation de la dette publique, dans les prochaines années, a conduit, en combinaison avec la baisse des recettes pétrolières, à une récente dégradation de l’évaluation de viabilité de la dette du pays, avec un risque qualifié d’élevé dans l’évaluation de novembre 2015.

Selon la BM, la forte croissance économique n’a pas entraîné de réduction de la pauvreté dont le taux stagne autour de 40%, du fait d’une croissance élevée de la population mais aussi de fortes inégalités géographiques et sociales, le taux de pauvreté n’ayant pratiquement pas baissé entre 2001 et 2014, passant de 40,2 à 37,5% sur fond de disparités régionales prononcées et croissantes.

«Le Cameroun n’a atteint aucun des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), à l’exception de celui relatif à la scolarisation primaire.»

Selon la note de conjoncture, le récent diagnostic systématique du pays a mis en lumière trois groupes de difficultés qui devront impérativement être traitées pour réduire la pauvreté : la faible productivité rurale, en particulier au nord du Cameroun, un climat des affaires défavorable au secteur privé, formel et informel ainsi que la fragilité et la piètre gouvernance des secteurs public et privé.

Pour la BM, le pays doit d’abord stimuler la croissance tirée par le secteur privé, toute chose nécessitant l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance sectorielle, l’abaissement des coûts des intrants (énergie, transport, télécommunications, etc.) ainsi que l’élévation du niveau de formation de la main-d’œuvre.

Dans la même veine, les dépenses publiques doivent être gérées avec plus de stratégie et d’efficacité en s’appuyant davantage sur les synergies avec le secteur privé.

Il sera également essentiel, insistent les rapporteurs, d’optimiser les bénéfices de l’effort d’infrastructures à travers des réformes sectorielles pertinentes, en même temps que des mesures ciblées de réduction de la pauvreté doivent être prises afin de résorber les nombreuses poches de pauvreté des régions septentrionales.

© CAMERPOST avec © APA