Cameroun – Processus électoraux : moins de 60% de jeunes ne sont pas intéressés

Moins de 60% de jeunes ne sont pas intéressés par les processus électoraux | © LNE
Moins de 60% de jeunes ne sont pas intéressés par les processus électoraux | © LNE

C’est ce qui ressort d’une enquête menée par une association dans la ville de Douala sur la participation de la jeunesse à la dynamique démocratique.

Sur un échantillon de 1000 jeunes entre 18 et 35 ans (étudiants, travailleurs, chômeurs, musulmans, catholiques, etc.) dans les communes de Douala 1, 2, 3 et 5, moins de 60% ne s’intéressent pas aux questions politiques.  Le taux de non-participation double pour le primaire et le secondaire (du fait que là s’y trouvent les acteurs des métiers de l’informel et les chômeurs). Seul le niveau universitaire connaît une non-participation moindre (sont représentées ici les catégories d’individus appartenant à des instances sociales contrôlables telles les entreprises, les organisations, etc). De plus, en couplant âge et situation matrimoniale en rapport avec les intentions de vote en 2018, les célibataires avec enfants (25-29) ont le taux d’incertitude le plus élevé ; or il s’agit pour la plupart de ceux qui ont voté en 2013 et qui ont été déçus par leur dernier vote. Sur la question dialogue avec les partis politiques, les jeunes de niveau secondaire adhèrent les plus au parti au pouvoir. Mais en valeur relative, ils ne sont que trop petitement en contact avec les formations politiques en général. Ce constat est fait à l’issue d’une enquête supervisée par l’organisation « Un Monde Avenir » et dont ces résultats viennent d’être restitués.

Les raisons du tableau sombre

D’après le coordonnateur Philippe Nanga, le consultant chercheur Serge Nji et une équipe de 20 chercheurs juniors en charge de la collecte des données, plusieurs raisons expliquent l’indifférence des jeunes quant à leur participation aux processus électoraux et à la dynamique démocratique. « La distance entre les hommes politiques et les jeunes, l’absence de débat politique dans les établissements et universités, l’absence de garantie du pouvoir de vote, l’existence d’un cadre non incitatif à la participation des jeunes, sont entre autres arguments soulevés lors de notre étude », indiquent les interlocuteurs sus-évoqués. Ces derniers ont tiré une sonnette d’alarme car : « comment comprendre que la tranche de la population qui représente plus de 65% du peuplement traîne le pas à s’engager dans un système démocratique qui, précisément s’appuie sur le gouvernement du nombre, au même moment où celle-ci crie sa mise en minorité dans les affaires de la République ? », s’interrogent les personnes qui ont mené l’enquête en question. Médusées, elles ne comprennent pas « comment la jeunesse valorise sa participation aux élections comparativement aux autres formes de participation sociale auxquelles elle s’adonne sans mobilisation externe. La jeunesse est totalement en marge des affaires publiques et absente des affaires politiques de sa Nation ».

Fort de cet aperçu, « Un Monde Avenir » a fait appel aux leaders des partis politiques (Mrc, Sdf, Upc, Cpp, Modecna, Mp) et des associations afin qu’ensemble, ils agissent pour changer la donne. Ce qui passe par une sensibilisation, des échanges avec les jeunes, des table-rondes sur les droits et devoirs du citoyen. A ce propos, Edith Kah Walla, présidente du Cameroon People’s Party, a dit son mot : « on est en plein dans notre domaine en tant que parti politique : la promotion de la démocratie. La jeunesse du Cameroun représente plus de 70% de la population. Et donc si elle n’est pas engagée, cela veut dire qu’on a lésé une grande partie de la population. Il est de notre devoir d’être très impliqué au-delà de la sensibilisation ». Un avis que partagent des jeunes interrogés par La Nouvelle Expression au cours de la restitution des résultats de l’enquête précitée : « nous disons merci à ces associations qui sensibilisent sans cesse. Il est vrai que l’inscription sur les listes électorales, le vote, ne sont pas les choses les mieux partagées à cause de la tricherie courante, du non-respect de nos voix et choix lors des élections au Cameroun, mais nous avons soupesé le pouvoir de la jeunesse ». Ces citoyens avouent avoir pris note de ce que « s’il y a un parti qui pense qu’il peut diriger le Cameroun, c’est et ce sera avec la participation de nous autres ».

Source : © La Nouvelle Expression

Par Linda Mbiapa, stg

Vers la mise en œuvre d’un comité de suivi

Dans la mouvance d’inciter les jeunes à être plus actifs dans la vie politique de leur pays, « Un Monde Avenir » a parlé de la mise en place d’un comité de suivi constitué des jeunes eux-mêmes. Ledit comité va échanger avec des jeunes des communes de Douala 1, 2, 3, et 5, éduquer et pousser à s’inscrire par exemple sur les listes électorales, surtout que la clôture de ces inscriptions est annoncée pour la fin de ce mois d’août. Par ailleurs, l’enquête menée plus haut entre dans le cadre du Programme d’encadrement des jeunes à la démocratie (Pejed). Un projet qui se veut une synergie d’actions portées par les jeunes associatifs et politiques visant à promouvoir une présence effective et active de la jeunesse dans les processus politiques.

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