Cameroun – Prises d’otages dans l’Adamaoua : la vie après la captivité

la vie après la captivité | Getty Images/ Aldo Pavan
la vie après la captivité | Getty Images/ Aldo Pavan

Certains sont malades, d’autres vivent dans la peur et ont changé de lieu de résidence.

Le 15 janvier 2016, trois otages ont été libérés non loin de Garrga à la lisière de Meiganga. Ils avaient été enlevés dans l’arrondissement de Nganha, département de la Vina. CAMERPOST a rencontré un proche de Aliou, ex-otage. Il le décrit comme un homme maigri malgré sa jeunesse. « Il a perdu du poids. C’est compréhensible parce qu’il avait peur d’être tué par ces bandits de grands chemins. Durant leur captivité, ils ont souffert vraiment. Ils ont marché plus de 100 km à pieds dans une brousse hostile. Or, lui, il n’est pas habitué à une telle torture. Mais la principale raison c’est le stress. Il sait bien que sa mère ne pouvait plus dormir durant sa captivité et elle est souffrante. Elle l’aimait beaucoup », dit notre informateur.

Aliou et ses compagnons de misère sont actuellement chez eux. Ils n’ont pas voyagé pourtant, selon nos sources, les parents d’Aliou disposent d’une résidence de à Ngaoundéré. « Dans notre culture, un homme ne fuit pas. Il doit certes être prudents, mais pas peureux », se vante notre interlocuteur.

Tout le monde n’a pas le courage de Aliou. Dans l’arrondissement de Belel par exemple, des villages entiers se sont vidés de ses populations à cause de ces menaces. Chaque ex-otage regagne sans délai la ville de Ngaoundéré. Des quartiers comme Burkina ou Mbamyanga sont les plus sollicités par cette migration forcée. « Les preneurs d’otages ont pris la résolution de revenir chaque fois enlever des personnes à même de payer la rançon. Rester aujourd’hui en milieu rural est un suicide », s’alarme Bala Souaibou, un chef de famille.

Les jeunes ayant abandonnés leurs activités en campagne sont obligées maintenant de se reconvertir. Ils optent pour l’essentiel pour le transport. Les plus fortunés achètent des voitures qu’ils placent dans les agences de voyages, d’autres se ruent vers les taxis notamment sur l’axe Ngaoundéré-Dang. Les pauvres se rabattent sur les motos. Selon diverses sources, les moto taximen à Ngaoundéré sont constitués à près de 90% des jeunes venus de zones rurales.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

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