Cameroun – Prise d’otages : la vie en captivité

IUne rue de Ngaoundéré dans l'Adamaoua | Photo d'illustration
IUne rue de Ngaoundéré dans l’Adamaoua | Photo d’illustration

CAMERPOST a rencontré des ex-otages. Ils racontent leur calvaire.

CAMERPOST annonçait la semaine dernière la prise d’otage de trois personnes dans l’arrondissement de Nganha, département de la Vina. Ils sont libres depuis le 15 janvier 2016. Les circonstances de leur libération restent encore floues. Mais l’on a appris que les familles ont versé une rançon de huit millions. D’autres sources parlent de 11. Toujours est-il qu’une rançon a été versée. Aussi a-t-on eu des précisions sur comment s’est déroulé leur séjour durant cette captivité.

Ils ont été enlevés nuitamment.  Les ravisseurs, quatre au total, n’avaient pas une parfaite maîtrise du terrain, et ont demandé à un des otages de leur montrer la route pour passer par Mayo Tello, une rivière connue de la zone.  Aliou Garga, le jeune otage a obtempéré sans broncher.  « Garga a refusé de passer à côté du domicile de Ismaila, lui aussi éleveur et toujours menacé par ces bandits.  Parce que les ravisseurs ne parvenaient pas à localiser son domicile », raconte un proche de l’ex-otage.

Après avoir traversé la rivière, ils ont marché jusqu’au village Mangoli, situé sur la route nationale numéro 1. Selon les ex-otages, une fois le jour levé, ils campent pour ne pas être repérés. Ils ne progressent que durant la nuit. « Ils avaient à manger. Du moins, ce qu’ils avaient volé. Les otages n’ont pas été maltraités, mais ils avaient perdus beaucoup de poids  parce qu’’ils dormaient à la belle étoile, et marchaient à pieds sur de longues distances», avance notre source. Leur libération a eu lieu dans le Mberé, non loin de la frontière centrafricaine.

Un autre ex otage, la quarantaine, avoue été bien traité durant sa captivité. Ils ne me donnaient que de la viande de bœuf bien préparée. Il y avait un froid glacial, alors,  ils m’ont donné une couverture avec la laine. Ils ne m’empêchaient pas de faire ma prière. Je causais aussi avec leur chef, qui avait l’air sérieux. Les autres étaient des voyous. Ils fumaient et prenaient des  stupéfiants. Ils me disaient qu’ils sont informés sur tout ce qui se passe dans la région. Mais ils avaient une peur bleue des soldats du Bir (un corps d’élite de l’armée camerounaise NDLR).

Les ex otages racontent aussi que leurs ravisseurs ne cachent pas leur visage. Ils disent qu’ils ne se rendront jamais dans nos villes, donc ils n’ont pas besoin de se cacher. Ils sont Mbororo et sont tous jeunes. Mais ils n’ont pas un refuge. « Ils sont très immobiles.  Ils se déplacent chaque nuit pour ne pas se faire repérer. Il est aussi interdit d’allumer pendant la nuit », raconte cette source.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

A lire aussi :

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz