Cameroun – Prise d’otage dans l’Adamaoua : Comment et où se fait la négociation ?

Comment et où se fait la négociation ? | © CAMERPOST/OB
Comment et où se fait la négociation ? | © CAMERPOST/OB

Les montants réclamés par les ravisseurs varient selon la valeur de l’otage.

Sur la très préoccupante situation sécuritaire qui secoue la région de l’Adamaoua depuis l’année dernière, il y a des chiffres officiels. De juillet à décembre 2015, seulement six mois, près de 100 personnes ont été enlevées. Les sources de nos confrères de l’œil du sahel en comptent 67. Les mêmes sources parlent de 56 enlèvements durant la même période avec 9 libérations. Il s’agit des données répertoriées, mais sur le terrain où CAMERPOST s’est rendu, la situation est plus sombre.

En tous cas, il y a une constante : les enlèvements se font presque tous les jours. Les familles informent de moins en moins les autorités, notamment les forces de l’ordre et de sécurité. « Les familles subissent des menaces de la part des ravisseurs. Raison pour laquelle, elles optent pour le silence. En général, lorsque les militaires sont alertés, ils interdisent le paiement des rançons, et au lieu d’expliquer facilement à la famille, ils haussent le ton. Les ravisseurs, lorsqu’ils sont au courant de l’implication des militaires, ils tuent les otages », renseigne un chef traditionnel. En six mois, 13 otages ont été tués officiellement.

Ainsi pour éviter de voir leurs proches tués au cours d’un affrontement avec les forces de l’ordre, les familles mènent elles-mêmes les négociations. Surtout que les preneurs d’otages visent des cibles de valeur telles que des enfants, souvent de bas âges. C’est le cas d’un bébé de trois mois et un autre enfant de deux ans enlevés le 15 décembre dernier à Mbalang non loin de Ngaoundéré. Les assaillants avaient réclamé un million. « Qui peut laisser des bébés entre les mains des ravisseurs pour un million. Ces assaillants agissent sur les émotions des gens pour que les rançons soient payées en toute discrétion, à temps évitant ainsi de dépenser pour nourrir les otages, les soigner et assurer leur sécurité », analyse un policier.

Les négociations se font au téléphone. Les ravisseurs appellent les proches des otages, leur indiquent le montant qu’ils doivent collecter, et le deadline. Très souvent, selon nos sources, des négociations sont possibles. La langue utilisée, c’est le Peul avec un accent Mbororo. Pour montrer que les otages se portent bien, ils leur donnent le téléphone pour parler à leur proche.

Lorsque la famille collecte l’argent, en vendant les bœufs, elle appelle. Les ravisseurs fixent le rendez-vous et donnent des attitudes à adopter. « Pour libérer les otages des Sadool kalmet, ils ont dit à la famille d’amener l’agent la nuit non loin de Garga situé vers Meiganga à l’aide d’une moto. Sur place, ils ont pris le temps de compter l’argent », a dit à CAMERPOST une source.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

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