Cameroun : Près de 500 morts en 2015 suite aux attaques de Boko Haram selon Amnesty International

Près de 500 morts en 2015 suite aux attaques de Boko Haram selon Amnesty International | © AMNESTY INTERNATIONAL
Près de 500 morts en 2015 suite aux attaques de Boko Haram selon Amnesty International | © AMNESTY INTERNATIONAL

Dans un nouveau rapport publié ce jeudi 14 juillet 2016, l’organisation révèle que plus de 1000 personnes, dont beaucoup ont été arrêtées arbitrairement, sont détenues dans des conditions épouvantables, et plusieurs dizaines d’entre elles meurent des suites de maladie, de malnutrition ou de torture dans le cadre des opérations de répression menées contre Boko Haram par les forces de sécurité et les autorités camerounaises. Ce rapport intitulé « Bonne cause, mauvais moyens : atteintes aux droits humains et à la justice dans le cadre de la lutte contre Boko Haram au Cameroun » permet à Amnesty international de soutenir que l’offensive militaire lancée contre Boko Haram a entraîné des violations des droits humains généralisées contre les civils dans la région de l’Extrême-Nord du pays.

Dans le document parcouru par CAMERPOST, Alioune Tine, directeur du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, lance : « en cherchant à protéger la population de la violence de Boko Haram, le Cameroun vise le bon objectif, mais en arrêtant arbitrairement des gens, en les torturant et en les soumettant à des disparitions forcées, il n’emploie pas les bons moyens pour parvenir à l’objectif visé ». La source ajoute que des centaines de personnes sont arrêtées en l’absence de tout motif raisonnable permettant de penser qu’elles ont commis une infraction, et « des morts en détention sont signalées chaque semaine dans les prisons surpeuplées du pays : le gouvernement camerounais doit agir de toute urgence s’il veut tenir la promesse qu’il avait faite de respecter les droits humains dans son combat contre Boko Haram. ».

Dénonciations

Il est reporté que les conclusions des recherches d’Amnesty International sont publiées quelques semaines seulement après qu’un attentat-suicide perpétré à Djakana, près de Limani, a fait 11 morts. C’est la dernière attaque en date d’une longue série qui a provoqué la mort de 480 civils depuis le début de l’année. Sur les 46 attentats-suicides de Boko Haram, la moitié environ ont été perpétrés par des enfants.

 Fort de tout cela, Amnesty International demande au Gouvernement de mettre en œuvre de toute urgence une série de mesures pour prévenir les violations des droits humains dans le cadre de son combat contre Boko Haram. L’organisation l’exhorte en particulier à : mettre fin aux arrestations arbitraires et massives; conduire les suspects directement dans des centres de détention officiels ; ne plus pratiquer la torture ; veiller à ce que les détenus puissent entrer en contact avec leur famille et leur avocat ; créer un registre centralisé de toutes les personnes détenues ; améliorer les conditions carcérales ; modifier la loi antiterroriste et enquêter sur toutes les allégations de violations des droits humains.

 

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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