Cameroun : Le pourtour du Lac Nyos sécurisé

Vue du lac Nyos, au Cameroun | © Wikipedia/Domaine public
Vue du lac Nyos, au Cameroun | © Wikipedia/Domaine public

30 ans après la catastrophe, les populations s’y réinstallent progressivement même si le gouvernement souhaite d’abord y aménager les infrastructures de base.

21 août 1986-21 août 2016. Cela fait déjà 30 ans qu’une explosion de gaz émanant du lac Nyos, dans la région du Nord-Ouest faisait 1 800 morts. La pire catastrophe naturelle qu’ait connu le pays. Une opération de dégazage avait été initiée en 1987. A ce jour, le gaz contenu dans l’eau a été retiré à 90% et le barrage qui présentait à l’époque de la catastrophe des signes de fragilité a été consolidé. A en croire le Dr Joseph Victor Hell, directeur de l’Institut de recherches géologiques et minières (IRGM), en charge du dégazage du lac Nyos, il n’y a plus aucun danger pour l’Homme. « Du point de vue scientifique, le lac est sécurisé. Il ne risque plus d’y avoir un problème lié à l’explosion du gaz sauf que c’est un phénomène naturel. Il y a une arrivée continuelle de gaz dans le lac. On a alors quantifié cette arrivée à travers un système de surveillance », confie-t-il. Et d’ajouter : « Les populations peuvent revenir vivre sur le site. A ce sujet, le gouvernement a mis en place un vaste programme de réhabilitation de cette zone et la condition était que le lac soit sécurisé. Il faut à présent construire les infrastructures : les routes, les écoles, les dispensaires, etc. et c’est vers cette phase que le programme est en train d’évoluer. Il faut dire que les gens reviennent progressivement, mais n’ont pas l’accord du gouvernement. »
Compte tenu du caractère naturel de ce phénomène, la surveillance continuelle du niveau du gaz contenu dans le lac nécessite une vigilance accrue. « Nous faisons une espèce de veille au niveau de ce lac pour ne pas être surpris par une arrivée accidentelle du gaz. Pour ce qui est du barrage, nous l’avons consolidé. Sauf événement exceptionnel, l’ouvrage ne peut plus rompre », rassure le Dr Joseph Victor Hell.

Pour ce qui est des perspectives, le directeur de l’IRGM révèle que son institution dispose d’un programme de monitoring du lac Nyos, à l’instar de ce qui se fait sur le lac Monoun dans le Noun à l’Ouest où un dispositif expérimental est installé pour purger le gaz qui arrive directement du sous-sol. Avec ce mécanisme, le gaz qui arrive du sous-sol, n’est plus accumulé, mais est directement expulsé dans l’air. Nous comptons utiliser le même système au lac Nyos lorsque les colonnes  s’arrêtent de fonctionner complètement », conclut notre source.

Il faut dire que le dégazage du lac Nyos a été réalisé grâce à l’appui de nombreux partenaires étrangers, bilatéraux et multilatéraux à l’instar du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). C’est ainsi que le la première colonne a été financée à hauteur de 500 millions de F et la seconde à 1,5 milliard de F pour les colonnes de dégazage. La consolidation du barrage a coûté quant à elle plus de 9 milliards de F entièrement financés par l’Union européenne et le gouvernement camerounais.

Source : © Cameroon Tribune

Par Assiatou NGAPOUT M.

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