Cameroun : Pourquoi Titus Edzoa retourne au RDPC un an après sa libération ? – 25/02/2015

Titus Edzoa chez lui, non loin de Yaoundé, trois jours après sa libération. © Aimé Menoba pour J.A. Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Justice camerounaise | Cameroun : Titus Edzoa, retour à la vie | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique Follow us: @jeune_afrique on Twitter | jeuneafrique1 on Facebook
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De retour à la vie, l’ex-Secrétaire général de la présidence de la République qui se réadapte à son statut d’homme passe le clair de son temps dans sa résidence de Simbock.

Le 29 novembre 2013, vers 3h du matin, Titus Edzoa prend la parole devant les juges de la Cour suprême du Cameroun qui s’apprêtent à statuer sur le pourvoi en cassation qu’il a formé contre la décision du Tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi le condamnant à 20 ans de prison : « Je ne viens pas ici pour demander quelque clémence de qui que ce soit. Fervent défenseur du droit, j’attends de vous que vous disiez le droit et rien que le droit si vous en aviez le courage », déclare l’accusé. Le 18 décembre 2013, la Cour suprême rend son verdict et confirme la peine prononcée en instance. 20 ans de prison.

Deux mois plus tard, le 24 février 2014, au travers d’une remise de peines décidée par le chef de l’Etat, Paul Biya, Titus Edzoa est libéré de prison. Ce jour-là, vers 20h, le régisseur de la prison de Yaoundé est venu lui signifier au Sed où il était incarcéré (prison secondaire) qu’il ne pouvait plus dormir dans sa cellule en raison de la levée d’écrou. On a fait venir son épouse, Geneviève Edzoa. Titus Edzoa a signé une décharge et est reparti, encadré par des policiers. Il renouait cette nuit-là avec son domicile de Simbock dont il n’avait plus jamais franchi les grilles pendant 17 ans. Samedi, 8 mars 2014, deux semaines après cette libération, après un culte d’action de grâces, un grand banquet est donné chez les Edzoa au château de Graal à Simbock. Près de 1000 couverts sont disposés. Du monde et du beau monde s’y bousculent.

Une réception qui rappelait celle qui avait été donnée avec le même faste en 1997, quelques jours seulement avant la démission et l’interpellation de Titus Edzoa. Celle du 8 mars 2014 consacrait son retour à la vie.

Téléphone portable

Depuis lors, Titus Edzoa, qui sans l’avoir demandé est gardé en journée par des policiers en civils et en soirée par des équipes mixtes police-gendarmerie, se promène dans son jardin, se réhabitue à l’espace et au soleil qui lui ont manqué, lui qui était enfermé vingt heures sur vingt-quatre dans une cellule de 9 mètres carrés. Encore marqué par ses moments de solitude en prison, il s’emploie à revenir à la vie. Lentement. Comme en cellule, il est resté fidèle à son poste radio, regarde très peu la télévision et lit ses revues scientifiques.

Même qu’étant en liberté, il reste non joignable. Titus Edzoa continue de vivre sans téléphone portable. La dernière fois qu’il en a utilisé un c’était pendant sa détention, en 2011, avant que celui-ci ne lui soit confisqué par les gendarmes après une rumeur qui a circulé dans la presse et selon laquelle il avait réussi à joindre directement le président Paul Biya au téléphone. Il semble s’être habitué à vivre sans, ne jugeant pas utile d’en avoir un. Du moins pas pour le moment. Pour entrer en contact avec Titus Edzoa, il faut passer par son épouse ou un de ses fils ou encore se rendre à son domicile dans l’espoir d’être reçu. Et il y a très peu de chance de ne pas l’y trouver.

En un an, Titus Edzoa n’est presque pas sorti de sa résidence. Si ce n’est pour aller refaire sa carte nationale d’identité. Pour se faire établir un nouveau passeport. Une autre sortie pour se rendre dans son village à Mbalgong non loin de Mbankomo où sa grande famille lui a offert une réception pour fêter sa libération. Ou encore pour assister à une messe à la paroisse de Simbock. Ses sorties, on les compte au bout des doigts. Son temps, Titus Edzoa le passe chez lui essentiellement, où il réapprend à être un mari et un père, mieux à restaurer sa famille. Lorsqu’il allait en prison ses enfants étaient encore jeunes.

Aujourd’hui, il côtoie des adultes. Titus Edzoa se déploie de nouveau à les encadrer, à les conseiller et à les orienter. Avec son épouse, il s’occupe aux travaux champêtres, notamment dans les champs de maïs et d’ananas qui sont cultivés dans sa résidence de Simbock. Il a repris lui-même l’entretien du lac aménagé dans son château du graal. Et quand il s’enferme dans son bureau réaménagé, il y passe de longues heures. A faire quoi ? A travailler sur les futurs projets dans lesquels il compte bientôt se (re) lancer ? Titus Edzoa entretient le mystère. Grand praticien des arts martiaux, il est resté fidèle à son sport et s’accorde deux heures de Karaté le lundi, le mercredi et le vendredi.

Vie politique

Professeur agrégé de médecine, même s’il ne consulte plus, Titus Edzoa est approché par ses pairs à qui il donne des avis sur les questions de santé ou pour des interventions. S’il reçoit avec plus de facilités les membres de sa famille et quelques rares amis et connaissances, il évite autant que faire se peut les contacts avec les hommes politiques qui cognent pourtant à sa porte depuis sa libération.

Le 4 janvier dernier pour ses 70 ans, ses enfants lui ont offert son premier gâteau d’anniversaire d’’homme libre. Les 17 derniers anniversaires ayant été fêtés en prison. Mais audelà de ce côté cour et jardin qu’il s’emploie à reconstruire et à remettre à niveau, Titus Edzoa, ancien secrétaire général de la présidence de la République, qui aime à entretenir tant de mystère autour de sa personne s’est-t-il définitivement coupé de la vie publique et politique ? Ne nourrit-t-il pas secrètement quelques ambitions ?

Source : © Le Jour

Par Eitel Elessa Mbassi

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