Cameroun – Pollution industrielle : les opportunités en matière de lutte encore limitées

Les opportunités en matière de lutte contre la pollution industrielle encore limitées | Photo d'illustration / Mathias Mouendé Ngamo
Les opportunités en matière de lutte contre la pollution industrielle encore limitées | Photo d’illustration / Mathias Mouendé Ngamo

Les eaux usées sont l’ensemble des eaux issues des activités urbaines et industrielles, dont le rejet risque de polluer l’environnement. Pour éviter une telle pollution, ces eaux sont retraitées en station d’épuration avant d’être rejetées dans la nature. Toutefois, il existe des applications à ces eaux usées. Bien entendu, il ne s’agit pas d’en faire des eaux de boisson, le risque sanitaire serait trop grand. Cependant, certaines utilisations ne sont pas aussi exigeantes sur la qualité des eaux employées. A ce propos, Jeune Afrique de ce mois de mai 2016, dans un dossier, précise que s’il reste difficile à financer (au-delà de l’investissement initial) dans les villes, l’assainissement devient beaucoup plus rentable lorsqu’il s’agit de traiter les eaux usées découlant d’une activité industrielle.

A preuve ? Le Magazine relève que pour Veolia, miniers et pétroliers sont ainsi devenus une cible prioritaire sur le continent à mesure que les pays adoptent des législations sur l’environnement plus contraignantes. « En 2014, le groupe français a décroché au Ghana un contrat pour le traitement des eaux usées d’Iduapriem, la mine d’or d’AngloGold Ashanti. D’autres accords pourraient être passés au Mozambique et en Angola », peut-on lire. Un fait qui pousse notre confrère en guise d’interpellation, à affirmer : « dans les pays francophones, les opportunités en matière de lutte contre la pollution industrielle sont encore limitées, faute d’une réelle volonté politique ». Et pourtant, poursuit la source qui cite un expert : « les États devront s’y mettre, car plus il y aura de projets, plus les risques environnementaux seront grands ». L’objectif de Veolia est de réaliser, d’ici à 2020, 15 % de son chiffre d’affaires africain grâce aux services rendus aux entreprises.

Des raisons de s’y intéresser

Sur la question des eaux usées recyclées pour la production d’énergie, les recherches de CAMERPOST révèlent qu’avant toute épuration, la matière organique contenue dans les eaux usées peut être valorisée dans des digesteurs pour produire du biogaz, une énergie renouvelable issue de la biomasse. Aussi, les eaux usées et épurées constituent une ressource à moindre coût, comparée à l’eau potable. C’est en quelque sorte une « eau d’occasion ». Différents secteurs y ont recours pour réaliser des économies. C’est le cas par exemple de l’irrigation agricole et de l’arrosage des golfes, qui profitent à la fois d’une eau moins chère et de son enrichissement en nutriments. Les collectivités territoriales utilisent quant à elles cette eau pour arroser leurs espaces verts, pour le nettoyage des rues, mais également pour la lutte contre les incendies. Les industries, enfin, l’emploient pour le nettoyage de leurs équipements et le transport de matériaux.

Par ailleurs, le recyclage des eaux usées est une pratique courante dans certains Etats. On apprend que c’est dans les pays où les ressources en eau sont les plus faibles que cette pratique est la plus courante. À titre d’exemple, la ville de Mexico réutilise presque 100 % de ses eaux usées pour irriguer près de 85.000 hectares de cultures. Il existe toutefois un risque de contamination des sols, de l’eau et de la végétation. Les eaux usées et épurées doivent donc répondre à des critères de qualité rigoureux, même si ceux-ci peuvent être moins stricts que ceux de l’eau potable.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa