Cameroun – Politique : Des Ong inspectent sur les Droits de l’Homme dans les grands chantiers

Un rapport a été rendu public mardi à Yaoundé.

Le Réseau camerounais des organisations de droits de l’Homme (Recodh) vient de publier un rapport sur le respect des droits de l’Homme dans les sites de grands projets et notamment à Lom-Pangar où se construit un barrage hydro-électrique. Les investigations menées, l’an dernier, comportent nombre de mauvais points, quelques motifs de satisfaction et des exhortations.

Barrage_Lom-Pangar
Corruption

Le rapport souligne d’entrée de jeu que certains agents commis au recensement des biens à indemniser ont été soudoyés pour surévaluer ou truquer les listes. A tel point que dans quatre des localités visitées, « des autorités traditionnelles ont déclaré ne pas connaître certains individus ayant été indemnisés à concurrence de 18 millions de F ». Ces pratiques frauduleuses recouvraient d’autres réalités comme la mise à l’écart de certains déguerpis par divers moyens. Plus de 90% de personnes estimeraient qu’elles n’ont pas eu le temps de lire les procès-verbaux d’indemnisations qu’elles ont signés, sous la pression des agents commis à la tâche.

Travail décent

Si la situation s’améliore au fil du temps – 660 contrats de travail ayant été signés par des ouvriers à Lom-Pangar alors qu’au début du chantier il n’y en avait aucun. Le rapport souligne d’autres imperfections : « On y travaille même les jours fériés comme le 30 septembre 2013, jour des élections  législatives et municipales ». Les employés de la compagnie qui construit le barrage sont tout de même enregistrés comme tel à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), bien qu’il existe des réclamations liées à la classification.

Non discrimination

Selon l’enquête du Recodh, l’habitat des ouvriers de Lom-Pangar est en général insalubre et l’eau potable souvent indisponible, à la différence des logements pour expatriés et cadres. Une difficulté d’accès à l’eau que vivent aussi les populations déplacées par le chantier. Trois ouvriers se retrouvent affectés à une chambre de 9m² et pour quinze ouvriers, l’on compte une seule toilette. « Chaque cadre a droit à sept jours de repos cumulé par mois, les ouvriers en principe ont droit à cinq jours et ne bénéficient en réalité que de quatre », note aussi le rapport.

Recommandations

Le rapport interpelle les organismes compétents pour améliorer le traitement des plaintes des populations et reconsidérer le processus d’indemnisations qui a sous-évalué nombre de biens détruits. Il invite également la Commission nationale anti-corruption à enquêter sur les allégations de corruption.

Source: Cameroon Tribune par Jean Baptiste KETCHATENG et Prosper LOUABALBE

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