Cameroun – Polémique : MTN, Orange et Camtel rejettent le rapport de la CONAC

L'antenne satellite Camtel de Bepanda, à Douala | © rezo/Niels Ackermann
L’antenne satellite Camtel de Bepanda, à Douala | © rezo/Niels Ackermann

Dans des communiqués publiés le vendredi 22 janvier, les compagnies de téléphonie mobile révèlent être en toute régularité avec l’Etat du Cameroun.

L’information a fait la « Une » de plusieurs journaux le mercredi 20 janvier 2016. « La Conac pointe 176 milliards dus par les opérateurs à l’Etat », pouvait-on lire en grand titre. Si celui-ci variait d’un journal à un autre, le message de fond était quasiment le même.  Le dernier rapport de la Conac a donc fait grand bruit. A la source, le doigt accusateur pointé vers les compagnies de téléphonie mobile installées sur le territoire national.

C’est un coup dur ces compagnies pour qui l’éthique est la valeur la mieux partagée. D’ailleurs les deux entreprises confirment avoir appris la nouvelle par voie de presse. Orange Cameroun respectueuse des institutions de la république, a appris par voie de presse qu’elle figurait sur une liste d’entreprises mises en cause par un rapport de la Commission Nationale Anticorruption », peut-on lire sur la mise au point.  Dans la suite, l’entreprise rappelle que ses pratiques sont arrimées aux standards éthiques les plus exigeants et reconnus à travers le monde. Plus loin dans ce communiqué, la réponse directe à l’accusation de la Conac, « Orange Cameroun se réjouit de contribuer de manière significative au développement socioéconomique du pays, notamment en s’acquittant intégralement de ses droits et taxes de toutes natures auxquels elle est assujettie, dans le respect de la réglementation en vigueur », lit-on.

Dans la même mouvance, la directrice générale de Mtn qui signe le communiqué publié précise, « Mtn Cameroun affirme avoir toujours traité avec l’Etat du Cameroun et ses représentants de manière transparente et en conformité avec les lois du Cameroun. Mtn est un investisseur responsable parfaitement à jour dans ses obligations fiscales vis-à-vis des différentes administrations compétentes, conformément à toutes les lois et règles applicables ».

En effet, dans le rapport rendu public ce mardi 19 janvier 2016 à Yaoundé par la Conac, il ressort que les opérateurs de téléphonie mobile à savoir Camtel, Orange et Mtn ont une dette de 176 milliards envers l’Etat du Cameroun. Ce rapport révèle aussi que les deux compagnies sus évoquées ne tiennent pas, « une comptabilité analytique permettant de déterminer les coûts, produits et résultats de chaque réseau exploité et de chaque service offert ». Sur ce point un haut responsable de l’entreprise Mtn nous confie. « Nous sommes le deuxième plus gros contributeur en terme d’impôts et de taxes payés à l’Etat, comment justifier que nous pouvions à ce niveau faire des combines. Est-ce-que cela veut dire que nous devons payer plus que cela, nous n’avons d’ailleurs pas le plus gros chiffre d’affaires au Cameroun. Nous sommes corrects, nous sommes une multinationale et comment on peut penser qu’on ne fait pas de comptabilité analytique… », explique-t-il.

Il apparaît également dans ce rapport, que ces entreprises de téléphonie mobile, organisent des jeux au hasard sur lesquels elles ne payent pas de taxes, pourtant cette activité est assujettie au paiement d’une taxe de 16, 5% appliquée au chiffre d’affaires réalisé sur cette affaire. Sur ce point, la définition du jeu de hasard est problématique.

Apporter la preuve du contraire

Si ce rapport vient noircir l’image desdites compagnies, la compagnie Sud-Africaine et la filiale Française s’accordent sur un fait. « Nous attendons de recevoir une copie détaillée dudit rapport de la Conac, pour apporter toute clarification ». Camtel se situe dans la même lancée. Et précise d’ailleurs qu’elle n’a jamais organisé de jeux de hasard.

A titre de rappel, le rapport publié par la Conac ce mardi 19 janvier 2016 révèle que les opérateurs téléphoniques Camtel, Orange et Mtn doivent 176 milliards à l’Etat du Cameroun. Un montant qui représente les impôts et les taxes cumulés et les redevances de l’Art. Toutefois, il relève aussi que la mutation du nom de l’opérateur vietnamien de Viettel à Nexttel s’est opérée en toute illégalité.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Lucienne Wouassi