Cameroun : La polémique à l’affiche des journaux

La polémique à l'affiche des journaux camerounais | Crédit photo : Stéphanie Dongmo / Illustration
La polémique à l’affiche des journaux camerounais | Crédit photo : Stéphanie Dongmo / Illustration

Les sujets qui fâchent se sont installés en couverture des journaux camerounais parus vendredi.

Le quotidien à capitaux privés Le Jour se penche sur ce qu’il considère comme l’empilement des dettes du pays, qui «atteint le ridicule», avec des ressources propres (impôts, douanes, autres taxes) qui cumulent en cette année 2016 autour de 2600 milliards FCFA dans le budget de l’Etat.

«Tout se passe en effet désormais comme si le pays ne pouvait quasiment plus, par lui-même, par la mobilisation de ses seuls et uniques efforts et de ses propres ressources, parvenir au financement de la moindre bicoque, sans faire appel à l’aide internationale et aux emprunts.»

Et de prévenir : «En mi-2016, le cumul de créances du Cameroun sur l’extérieur était désormais de 4 500 milliards FCFA, soit quelque 35% du PIB. Un taux jugé ‘’raisonnable’’ par le ministre en charge de ces questions, Louis-Paul Motaze. Mais le ministre a-t-il jamais mesuré à quel point le Cameroun était devenu ridicule avec ses emprunts à répétition, qui – bien souvent – ne produisent aucun résultat ?»

Le membre du gouvernement ainsi indexé, en charge de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire, se paie deux pages de tribune libre dans Le Quotidien de l’Economie, pour reconnaître notamment que le poids de la dette intérieure, évaluée à environ 1100 milliards FCFA, pèse sur l’activité des entreprises.

Pour lui, le Cameroun doit donc optimiser sous contrainte, dans un contexte où prévaut une rigidité des revenus à la hausse (pas de hausse des salaires ou de prestations sociales en vue), et, avec une conjoncture économique traduite par un budget de plus en plus contraint, appelle à un ajustement interne, associé à une amélioration de l’efficience de l’investissement public.

Dans le même ordre d’idées, avertit-il, la persistance de l’atonie de la demande extérieure pourrait produire des effets récessifs sur la croissance économique : «Avec le ralentissement économique de nos principaux partenaires commerciaux, à l’instar de la Chine, la demande extérieure risquerait de continuer de peser négativement sur nos performances économiques.»

Et d’appeler à une politique de relance qui se fonde sur les effets multiplicateurs de la demande d’investissements, une option qui insisterait davantage sur des mesures d’appoint par la massification des investissements pour générer un environnement des affaires propice au développement durable du secteur privé.

Le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, de son côté, appelle à la «vigilance» concernant le retour de la grippe aviaire, qui ressurgit alors qu’on croyait l’épidémie de mai dernier circonscrite.

Aujourd’hui, la publication constate que le circuit de production et de commercialisation est particulièrement défaillant : «La faute sans doute aux éleveurs eux-mêmes, qui voient un ‘’complot’’ derrière toute mesure disciplinaire, alors qu’ils se lancent dans de grosses productions sans requérir les moindres conseils d’un vétérinaire.»

Mais pour cette publication, l’interprofession avicole et les pouvoirs publics ont leur part de responsabilité, concernant notamment la faille dans la veille épidémiologique visant à éviter tout nouveau cas de maladies transfrontalières.

Reste que l’épizootie coûte très cher au pays : «Les acteurs de la filière avicole, réunis le 30 août à Bafoussam, au lendemain des décisions de réouverture des marchés de volaille, ont estimé à 16 milliards FCFA les pertes enregistrées par la filière. De même, près de 60% de poules pondeuses sont mortes parce que mal alimentées, ou alors bradées.»

Une autre mauvaise performance, signalée par La Nouvelle Expression, concerne l’immigration des enfants avec son dernier «top mondial», établi par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), qui place le Cameroun en bonne place en compagnie du Burkina Faso et du Tchad.

Dans le camp de Minawao (Extrême-Nord), par exemple, au 27 juin 2016, l’on comptait 56.916 réfugiés au sein desquels 61,13% de la population a moins de 18 ans, relaie cette publication qui explique toutefois ce phénomène par la guerre menée contre la secte islamiste Boko Haram dans la partie septentrionale du Cameroun frontalière avec le Nigeria.

Sur un tout autre sujet, Mutations se fait l’écho d’une «nouvelle affaire» opposant la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) à l’entreprise de droit américain Prime Potomac, à qui a été confiée voici 5 mois la construction de 4 stades à travers le pays, pour une livraison prévue en octobre prochain et dont le taux de réalisation «est quasi-nul».

Et, alors que le prestataire justifie ce retard, entre autres, par des exigences de rétro-commissions ainsi que l’incapacité du commanditaire à donner des garanties de solvabilité, l’instance fédérale rétorque que c’est le constructeur qui traîne dans son processus de levée de fonds.

© CAMERPOST avec © APA

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