Cameroun : plus de 100 condamnations à mort à l’issue de procès militaires inéquitables selon Amnesty International

Alioune Tine, directeur pour l’Afrique centrale et de l’Ouest à Amnesty International | DR
Alioune Tine, directeur pour l’Afrique centrale et de l’Ouest à Amnesty International | DR

C’est également ce que dénonce Amnesty international dans un rapport dont CAMERPOST en a fait échos  hier jeudi 14 juillet 2016.  A la lecture de ce texte, nous avons jugé important de mettre en lumière ces déclarations de l’organisation. Lesquelles soulignent que lorsque les personnes soupçonnées de soutenir Boko Haram sont jugées, elles comparaissent devant des tribunaux militaires qui, la plupart du temps, « prononcent la peine capitale à leur encontre. Plus de 100 personnes, dont des femmes, ont été condamnées à mort par le tribunal militaire de Maroua depuis juillet 2015. Aucune n’a toutefois été exécutée à ce jour », déclare  Alioune Tine, directeur du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique centrale et de l’Ouest.

Ce n’est pas tout. L’interlocuteur note les condamnations reposent fréquemment sur des éléments limités, comme les déclarations d’informateurs anonymes qui ne peuvent pas faire l’objet de contre-interrogatoires, ou encore des preuves indirectes, l’accusé étant incapable d’expliquer pourquoi il a quitté son village ou pourquoi il a perdu sa carte d’identité. Les avocats, mal payés et surmenés, n’ont pas les ressources nécessaires pour assurer une bonne défense.

Amnesty International dit avoir assisté au procès de quatre femmes qui ont été déclarées coupables et condamnées à mort en avril 2016 avec, pour seul élément à charge, la déclaration d’un membre d’un comité local de surveillance à leur retour du Nigeria où elles travaillaient en tant qu’employées de maison. Elles n’ont vu leur avocate que pendant une courte pause lors du procès. « Après être arrêtées sans motif raisonnable et détenues dans des conditions déplorables en attendant d’être jugées, des personnes risquent d’être reconnues coupables et condamnées à mort par des tribunaux militaires, sur la base de preuves minces, voire inexistantes, à l’issue de procès d’une iniquité flagrante », a ajouté Amnesty.

 

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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