Cameroun – Plan d’urgence triennal : Philemon Yang prescrit l’accélération du volet santé

Philemon Yang prescrit l’accélération du volet santé | Archives/Illutration
Philemon Yang prescrit l’accélération du volet santé | Archives/Illutration

Le Premier Ministre Philemon Yang présidait jeudi le Conseil de cabinet du mois de juin.

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Monsieur Philemon Yang a présidé un Conseil de cabinet ce jeudi 30 juin 2016, à partir de 9H dans ses Services.

Y prenaient part le vice-Premier ministre, le ministre d’Etat, ministre du Tourisme et des Loisirs, les ministres, les ministres délégués ainsi que les secrétaires d’Etat.

Trois points étaient inscrits à l’ordre du jour, à savoir :

  1. l’exposé du ministre de la Santé publique relatif à« l’état des lieux et les perspectives d’évolution du système hospitalier » ;
  2. l’exposé du ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille sur« la stratégie gouvernementale de lutte contre les mutilations génitales féminines » ;
  3. le compte rendu du« déroulement de la session 2016 des examens officiels » présenté conjointement par le ministre de l’Education de base et le ministre des Enseignements secondaires.

Le ministre de la Santé publique a d’abord rappelé les missions de l’hôpital, articulées autour de la prestation des soins de qualité aux populations, la formation des personnels, la recherche et la participation aux actions de santé publique. Au 31 décembre 2015, la carte hospitalière comprend 2387 formations sanitaires publiques classifiées en sept catégories et 2502 structures privées confessionnelles et à but lucratif.

Le ministre a fait savoir que le Rapport final du Comité d’experts sur la Réforme hospitalière, validé en 2005, a identifié les causes de la sous-performance du système hospitalier et a suggéré les voies d’amélioration suivant une douzaine d’axes : l’organisation du système national de prise en charge des urgences ; le renforcement de l’accueil et des entrées dans les hôpitaux ; l’amélioration de la disponibilité des médicaments, consommables, dispositifs et réactifs, et de leur accessibilité ; les aspects juridiques et réglementaires ; la planification hospitalière ; la formation initiale et la recherche ; l’amélioration de l’information hospitalière et l’informatisation des hôpitaux ; la formation continue et la motivation des personnels hospitaliers ; la gestion et la maintenance des infrastructures et équipements hospitaliers ; les mécanismes et modalités de financement des hôpitaux ; la coopération et l’évaluation.

Des actions sont mises en œuvre pour donner corps aux différentes propositions d’amélioration du système hospitalier ; à l’instar du programme de construction des centres d’imageries et d’hémodialyse dans huit régions, décidé par le président de la République. A moyen terme, la physionomie de la carte sanitaire sera profondément transformée, à la faveur de l’exécution du volet santé du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique, qui comprend non seulement une composante dédiée au relèvement des plateaux techniques des hôpitaux généraux de Yaoundé et Douala ainsi que celui du Centre hospitalier et universitaire de Yaoundé, mais également  la construction de huit centres hospitaliers régionaux à Bafoussam, Bamenda, Bertoua, Buea, Ebolowa, Maroua, Garoua et N’Gaoundéré.

Clôturant son propos, le ministre de la Santé publique a annoncé la tenue le 12 Juillet 2016 à Yaoundé d’une concertation visant l’élaboration d’un Plan d’actions actualisé de la Réforme Hospitalière pour la période 2017-2021.

Au terme des échanges qui ont suivi cet exposé, le chef du gouvernement a demandé au ministre de la Santé publique, d’une part de renforcer la politique de maintenance des équipements hospitaliers et, d’autre part de veiller à l’exécution rapide des chantiers du volet santé du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique.

Les travaux du Conseil se sont poursuivis avec l’exposé du ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille sur « la stratégie gouvernementale de lutte contre les mutilations génitales féminines »Il en ressort qu’en raison de pesanteurs culturelles persistantes, certaines mutilations génitales, dont principalement l’excision, sont encore pratiquées sur les filles et femmes originaires de deux régions du Cameroun. Le taux de prévalence du phénomène est de 1,4% sur l’ensemble du territoire national, et de 20% dans les zones foyers.

Le gouvernement a renforcé ses dispositifs de lutte contre ce fléau, notamment depuis que l’Assemblée générale des Nations unies a adopté en 2012, la Résolution sur l’intensification de l’action mondiale en faveur de l’élimination des mutilations génitales féminines.

C’est ainsi que les actions de prévention ont été amplifiées auprès des communautés, des exciseurs, des exciseuses, des victimes, des administrations et des partenaires au développement, dans le but de susciter une prise de conscience collective et une mutualisation des interventions. De 2014 à ce jour, plus de 700.000 personnes ont été sensibilisées dans les dix régions. Par ailleurs, des sessions de sensibilisation et de causeries éducatives sur le fléau ont eu lieu dans les établissements scolaires et universitaires.

La prise en charge des victimes et des exciseuses a été améliorée. Les victimes  bénéficient d’un accompagnement psychosocial et d’un appui à la réinsertion sociale, tandis que des programmes de reconversion sont offerts aux exciseuses qui renoncent à cette activité.

Au plan institutionnel, 92 comités locaux de lutte contre les mutilations génitales féminines ont été créés, parallèlement à la formation de 150 fonctionnaires de police à la prise en charge globale des violences basées sur le genre intégrant les mutilations génitales féminines dans les régions concernées.

Bien plus, une avancée législative décisive est envisagée après l’entrée en vigueur du projet de loi modifiant le Code pénal, actuellement en discussion au Parlement, qui comporte une incrimination spécifique aux mutilations génitales féminines.

Après avoir pris acte des succès enregistrés dans la lutte contre ces atteintes à l’intégrité féminine, le Premier ministre a demandé au ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille d’intensifier les actions de sensibilisation en milieu scolaire.

La parole est enfin revenue aux ministres de l’Education de base et des Enseignements secondaires, pour leurs rapports relatifs à la session 2016 des examens et concours officiels. Il en ressort que les différentes épreuves y relatives dans les cycles primaire et secondaire se sont déroulées de manière satisfaisante, conformément au calendrier arrêté. Des dispositions particulières ont été prises dans les régions de l’Adamaoua, de l’Est, du Nord et de l’Extrême-Nord pour la participation effective des élèves déplacés et réfugiés.

Au niveau de l’éducation de base, les statistiques affichent 294 114 candidats pour le Certificat d’Etudes Primaires (CEP), 112 637 pour le First School Leaving Certificate (FSLC) et 92 643 pour le Common Entrance Examination (CEE). Soit un total, 499 394 candidats contre 475 111 en 2015. Les corrections sont achevées et les délibérations sont en cours, en vue d’une publication imminente des résultats dans l’enseignement primaire.

Au niveau des enseignements secondaires, les effectifs des candidats aux différents examens et concours organisés sont également en progression. Ils se présentent comme suit pour les examens relevant :

  • de la direction des Examens, des Concours et de la Certification : 552 849 candidats contre 519 499 en 2015, soit un accroissement de 6,42% ;
  • du General Certificate of Education (GCE) Board : 180 406 candidats contre 180 236 en 2015, soit un accroissement 1,2% ;
  • de l’Office du Baccalauréat du Cameroun : 360 433 candidats contre 349 033 en 2015, soit un accroissement de 3,26%.

Les examens de l’enseignement secondaire ont ainsi enregistré 1 093 688 candidats, parmi lesquels 928 élèves déplacés de la région de l’Extrême-Nord.

Le processus de correction est amorcé et le calendrier de publication des résultats s’étale jusqu’au 30 juillet 2016. Les résultats du concours d’entrée en 6e et du Brevet d’Etudes du Premier Cycle sont déjà disponibles.

Après avoir exprimé son satisfecit pour la bonne organisation des différentes épreuves des examens et concours, le chef du gouvernement a demandé aux ministres de l’Education de base et des Enseignements secondaires de veiller au respect du calendrier de publication des résultats et à la délivrance effective des relevés de notes et diplômes aux impétrants, dans les semaines qui suivront.

Le Conseil s’est achevé à 12H45./-

                                                                            Yaoundé, le 30 juin 2016

 

Le secrétaire général des Services du Premier ministre,

(é) Séraphin Magloire FOUDA

Source : © Cameroon Tribune