Cameroun : Plaidoyer pour « une profonde réforme » du système sanitaire

André Mama Fouda, le ministre camerounais de la Santé | © SPM
André Mama Fouda, le ministre camerounais de la Santé | © SPM

L’association Médecins du Cameroun (MedCamer) a appelé à « une profonde réforme» du système de santé du pays, qui, selon elle, «vit une crise dramatique» et «une récurrence de dysfonctionnements criards ».

Dans un manifeste publié vendredi, ce regroupement de praticiens, exerçant aussi bien localement qu’à l’extérieur, invoque une crise dramatique qui affecte leurs vies, leurs corps, leurs âmes et leur honneur.

Ce faisant, souligne MedCamer, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants meurent chaque jour dans les formations sanitaires, faute de pouvoir subvenir aux coûts de leurs soins.

Pêle-mêle, MedCamer dénonce la détérioration de la qualité des soins dans les structures de soin des secteurs public et privé, les décès évitables mais qui interviennent pour des questions financières, la dégradation des infrastructures et l’absence d’un système d’assurance maladie universelle.

Les pétitionnaires déplorent «des pratiques souvent anachroniques, parfois approximatives et non conformes aux recommandations internationales» et la faible implication de la population dans les problématiques de la santé.

Ils pointent également du doigt la timide régulation de la consommation des produits nocifs, issus de la médecine traditionnelle ainsi que la faible répression de la vente illicite des médicaments contrefaits dans la rue.

Scandalisés par la recrudescence du dénigrement et des agressions perpétrées à l’encontre du personnel soignant, tenu pour responsable de tous les maux du système de santé dans l’indifférence générale, les signataires refusent de porter la responsabilité de la politique de santé publique.

De même, ils réfutent les allégations selon lesquelles l’absence d’un système d’assurance maladie universelle serait le fait d’un manque de ressources.

MedCamer déplore l’insuffisance des moyens techniques, la condition matérielle inique des médecins par ailleurs mal rétribués, la condescendance avec laquelle ils sont traités au sein de leurs institutions d’attache, par les pouvoirs publics, leurs employeurs et certains de leurs concitoyens.

MedCamer conteste en outre la gestion autoritaire de certains dirigeants, refuse la mise à l’écart des principaux acteurs de la santé que sont les médecins, les infirmiers et les autres personnels de santé, lors des débats institutionnels et des processus décisionnaires concernant la santé en général.

Face à ce diagnostic accablant, l’association s’est engagée à apporter sa force de propositions collectives, issues d’un consensus au sein d’une organisation fédératrice.

© CAMERPOST avec © APA

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