Cameroun : Pierre Désiré ENGO sera-t-il relaxé ce jour ? – 07/05/2014

Les possibles scénarii de l’audience de ce jour pèsent fortement en faveur de la libération de l’ex-directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), Pierre Désiré Engo.

Pierre Désiré Engo, administrateur civil, ancien Ministre, ancien DG de la CNPS.
Pierre Désiré Engo, administrateur civil, ancien Ministre, ancien DG de la CNPS.

Libéré. Le sera-t-il ? Ne le sera-t-il pas ? C’est la question qui taraude les esprits depuis le 24 avril 2014, date de la dernière audience de l’affaire opposant l’Etat du Cameroun et le ministère public à Pierre Désiré Engo, pour détournement de deniers publics. Au cours de cette audience, le parquet a demandé au tribunal que soit signée la main levée de mandat de détention provisoire, afin que toute lumière soit faite sur ce dossier de détournement de la somme de 25 milliards Fcfa dont est accusé l’ex-directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Pour cela, continue-t-il dans sa demande, le dossier devrait être renvoyé en instruction pour complément d’information.

Un véritable coup de baguette magique, bien surprenant pour la majeure partie de personnes présente à l’audience. L’on se demande dès lors, si le tribunal va consentir à la «demande de libération» formulée par le parquet.

Dans cette perspective, 03 hypothèses sont possibles. Le tribunal pourrait faire droit à la demande. Dans ce cas, il n’y aura personne pour s’en plaindre. Le tribunal aurait rendu sa décision conformément à la demande qu’il a reçue, et aux réquisitions du ministère public. Tout le monde s’en tirerait à bon compte, la partie civile n’ayant pas la possibilité de faire appel dans ce domaine. Même si, pour la défense, ce ne serait pas le scénario idéal. Pour elle, la procédure devrait à ce stade suivre son cours normal, permettant au parquet d’apporter les preuves de son accusation. Ce serait donc, face à leur incapacité à prouver cela, que le Tribunal devrait purement et simplement acquitter leur client.

80% de chance

La deuxième possibilité serait que, si le Tribunal ne fait pas droit, il est possible que, le ministère public décide de faire appel, « mais sincèrement ce serait d’un zèle excessif. Mais il peut théoriquement faire appel », précise par ailleurs un avocat. Comme troisième possibilité, le Tribunal peut renvoyer le délibéré à une autre fois. Et là cette fois, le renvoi étant une mesure purement administrative, nul ne pourrait contester quoique ce soit. Mais, ce ne sont que des points de vue théoriques.

Dans la réalité, croit savoir Me Claude Assira, avocat au barreau du Cameroun, le ministère public ne demande jamais ce genre de chose, s’il ne s’est pas préalablement entouré de toutes ses garanties. Notamment que la hiérarchie, le ministère de la Justice soit d’accord. Si c’est le cas, le tribunal estime toujours que le ministère public n’a pas à être plus royaliste que le roi. Et puis au demeurant, «C’est l’expression d’une politique criminelle qui fait que, de mon point de vue, il y a 80% de chance que le tribunal fasse droit à la demande. Puisque c’est une politique criminelle actuelle qui vise à envoyer tout le monde en détention, ceux qui ont des charges devant le Tribunal comme ceux qui n’en n’ont pas ».

Source : © Le Messager

Par Florette MANEDONG