Cameroun : Philemon Yang pour une présidentielle anticipée

Philemon YANG, Premier ministre camerounais et chef du gouvernement | © Wang Zhao/AP/SIPA
Philemon YANG, Premier ministre camerounais et chef du gouvernement | © Wang Zhao/AP/SIPA

Le Premier ministre camerounais, Philemon Yang ainsi qu’une centaine de dignitaires de son Nord-Ouest natal, ont demandé au chef de l’Etat Paul Biya d’organiser une élection présidentielle anticipée et de s’y porter candidat.

La motion de soutien et de déférence y relative, publiée lundi, justifie cette posture par le souci de voir le non moins leader du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) parachever les grands projets de développement lancés depuis deux années, mais aussi enrayer la guerre contre le terrorisme jihadiste à l’Extrême-Nord et les rébellions centrafricaines à la frontière est.

L’appel du Nord-Ouest, note-t-on, survient à la suite d’initiatives similaires relayées par les médias à capitaux publics, inaugurées par des élites du Centre, puis du Sud avant de gagner toutes les régions du pays.

Bien que la plupart de ces motions de soutien et appels à candidature visent l’année 2018, en principe prévue pour la prochaine élection à la magistrature suprême, plusieurs observateurs soupçonnent le pourvoir de Yaoundé de vouloir profiter de ce vent favorable pour passer en force pour anticiper ce rendez-vous avec les urnes.

D’autres, encore, accusent les auteurs de ces appels, qui se recrutent parmi les membres du gouvernement, les élus et autres directeurs généraux de sociétés publiques, de vouloir prendre le président de la République en otage pour protéger leurs propres intérêts égoïstes.

Ainsi du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM, opposition) et du Collectif des patriotes panafricanistes (CPP, ONG), qui dans une déclaration publiée en fin de semaine dernière invitent Paul Biya à ne pas écouter les «flagorneurs» et à oser «surprendre le Cameroun et la communauté Internationale».

«Monsieur le président, pensez aux Cameroun. Ils ne pensent qu’à leurs avantages et à leur carrière, nous pensons, nous, à l’avenir de notre pays. Nous voulons, nous, vous délivrer de la lourde responsabilité du déclin ou du chaos éventuel que cette nouvelle candidature peut engendrer, écrivent-ils. Le développement économique et social au Cameroun piétine, le progrès et la justice sociale ne sont pas à l’ordre du jour. La pauvreté et la misère grandissantes au Cameroun sont les conséquences de la prévarication organisée de nos ressources.»

Pour eux, Paul Biya doit entrer dans l’histoire par la grande porte en se démarquant de la surenchère du statu quo.

© CAMERPOST avec © APA

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